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lundi 29 juin 2015

Exposition virtuelle : "1615-1715. Louis XIV / Nicolas Fouquet. Une certaine histoire du goût".

Exposition virtuelle 
"1615-1715. Louis XIV / Nicolas Fouquet. Une certaine histoire du goût".

Commissaires de l'exposition : Lynda Frenois, Directrice du château de Vaux-le-Vicomte et des collections - Mathieu da Vinha, Directeur scientifique du Centre de recherche du château de Versailles

https://www.google.com/culturalinstitute/exhibit/louis-xiv-nicolas-fouquet-une-certaine-histoire-du-go%C3%BBt/eQKSvlgHkBpSLg?hl=fr


vendredi 10 août 2012

Les carnets de Versailles.

Le château de Versailles lance un magazine-programme, entièrement gratuit, informant de l'actualité du domaine.
Pour le recevoir, il suffit de faire une demande par email ou courrier.

"Le château de Versailles lance son magazine-programme semestriel, Les Carnets de Versailles. Cette nouvelle publication, gratuite, est conçue pour vous aider à préparer votre visite et à en savoir plus sur la programmation et l’actualité du domaine.

Ce magazine-programme semestriel présente des reportages dans les coulisses de Versailles, des éclairages particuliers sur le domaine et ses secrets, mais aussi de nombreux articles autour de la programmation. Un Agenda indique jour par jour l’ensemble des événements proposés au Château : expositions, visites commentées, activités pour les familles, sans oublier les spectacles. La rubrique Versailles pratique, illustrée par des plans, délivre toutes les clés pour profiter facilement du domaine et détaille l’ensemble des thèmes de visites. Enfin, dans Versailles autrement, sont dévoilés des conseils des jardiniers de Versailles, une recette inspirée de la cuisine du temps de Louis XIV et des informations sur les dernières publications et développements numériques du Château. Au sommaire de ce premier numéro, découvrez, entre autres, une interview de Joana Vasconcelos, la nouvelle galerie de l’Histoire du Château, l’histoire des Grandes Eaux ou encore les prochaines expositions présentées par les conservateurs. 

S’abonner gratuitement 

Si vous souhaitez recevoir chaque semestre Les Carnets de Versailles dans votre boîte aux lettres, merci de nous adresser un email à carnetsdeversailles@chateauversailles.fr avec votre nom et votre adresse ou de nous faire parvenir votre demande par courrier (Les Carnets de Versailles / Direction de la communication / Château de Versailles - RP 834 - 78008 Versailles cedex). 

À la suite de ce premier numéro, nous sommes particulièrement à l’écoute de vos remarques et suggestions que vous pouvez nous faire parvenir également à ces adresses."

mercredi 13 juin 2012

Versailles 3D

Suite à la réouverture de la galerie d'histoire, le château de Versailles à mit en place un site Internet, présentant diverses maquettes 3D des châteaux et des jardins, à différentes époques.
Un jeu ludique (Pagaille à Versailles) permet également d'appréhender les différentes strates du palais !





mardi 29 mai 2012

L'alimentation en eau du Château de Versailles de 1661 à 1789

Comment faire venir l'eau dans les jardins du château de Versailles ?



Sciences et curiosités à la Cour de Versailles, 26 octobre 2010 - 27 février 2011. 
Réalisation : François-Hugues de Vaumas/ Aloest Productions © EPV - 2011.

jeudi 17 mai 2012

La mode au Moyen Âge

Source : 17 mai 2012, Sud Ouest
Le château de Nérac propose des costumes et coiffes de tenues bourgeoises en Navarre au XVIe siècle. 

Claude Iruretagoyena est costumier et chorégraphe de la compagnie Maritzuli de Biarritz. La curiosité et la passion de cet homme pour ces mystérieux « accoustrements » est à l'origine d'une collection personnelle d'environ 600 planches et dessins représentant l'art de se vêtir du Moyen Âge jusqu'au milieu du XIXe siècle. 

A Nérac, à l'intérieur des salles du château où ont vécu les souverains de Navarre, l'initiative du chorégraphe-costumier permet de « se pencher sur le sujet si étrange des coiffes de formes cornues que portaient les dames à partir du Moyen Âge, et ceci sur une aire géographique limitée au seul territoire du pays basque. » Ces coiffes, dites corniformes, autrefois appelées « hanous », précèdent d'un siècle le « henin » français. Elles furent portées au-dessus du front, formant « une espèce de corne qui s'élève en pointe », par les Bayonnaises mais plus largement ailleurs dans tout le Pays basque espagnol. Bien qu'à la fin du XVIe siècle, beaucoup, comme Montaigne, y voyaient un emblème à signification sexuelle. Les recherches récentes ont montré que ses origines et ses significations sont aussi lointaines qu'indéterminées. 

Le public aura l'opportunité, entre autres, d'admirer ces coiffes composées par l'enroulement de plusieurs bandes de tissus décorées autour d'un support en osier. 

Trois temps forts
Le vernissage donnera lieu à une visite de l'exposition suivie d'une rencontre avec le costumier Claude Iruretagoyena. 

Samedi, dans le cadre de la Nuit Européenne des Musées, de 19 heures à minuit, les visiteurs pourront venir contempler librement l'incroyable diversité de ces tenues de femmes. A 20 h 30, salle des Ecuyers, sera proposée une conférence « Habits et costumes de Cour » animée par Viviane Aubry, historienne de l'art spécialiste de l'histoire du vêtement et elle-même créatrice de costumes. 

Outre ses travaux sur l'histoire du vêtement (Costumes, publiée dans la collection Rempart), elle participe à des reconstitutions historiques pour la télévision, le cinéma et la muséographie.. 

D'Henri 1er d'Albret, roi de Navarre et fondateur de la première industrie textile en Béarn, à son petit-fils Henri IV qui installera en France le travail de la soie, le château de Nérac est l'endroit idéal pour rappeler à quel point le vocabulaire qui désigne ses vêtements était, pendant l'Ancien Régime, un marqueur social déterminant. 

Ce week-end riche en événements se prolongera dimanche à partir de 14 heures par une animation-atelier destinée au jeune public de 7 à 12 ans. Baptisée « Hors des frontières », cette animation s'insère dans le cadre de l'opération Air Musée, en permettant aux plus jeunes et à leurs parents de visiter l'exposition temporaire, puis de participer à un atelier de création d'accessoires de mode avec Inge Zorn-Gauthier, costumière.

mercredi 16 mai 2012

Des trains aux couleurs du château de Versailles

Source : Château de Versailles
Depuis le 16 mai 2012, les espaces intérieurs de certains trains du RER C sont entièrement décorés de vues inspirées du château et des jardins de Versailles.

Dans le cadre d’un partenariat conclu entre le château de Versailles et la SNCF, des trains entièrement décorés aux couleurs du Château seront mis en circulation sur les rails du RER C en 2012 pour une durée d’au moins 18 mois. Les décors reconstitués dans les rames, inspirés des lieux et décors de Versailles, ont été adaptés à l’architecture du train pour évoquer au mieux la diversité et la richesse des ambiances du Château et de ses collections.
Les décors reproduits évoquent des espaces emblématiques du château de Versailles, dont la galerie des Glaces, la galerie des Batailles, les jardins et les bosquets, ainsi que des lieux plus intimes, comme la chambre de la Reine à Trianon, le Temple de l’Amour et le Belvédère au Domaine de Marie-Antoinette, le péristyle du Grand Trianon, la Bibliothèque de Louis XVI et le carrosse du Sacre de Charles X.
Le premier train aux couleurs de Versailles a été mis en circulation en mai 2012. Quatre trains supplémentaires bénéficieront du même décor intérieur d’ici fin août 2012, permettant autant aux usagers du RER C de s’évader qu’aux visiteurs du Château de savourer un avant-goût de Versailles.
Créations : Encore Eux, à partir des photographies de Christian Milet, Jean-Marc Manaï et Thomas Garnier.

Cette opération a été réalisée en partenariat avec la

Evocation du Belvédère © Christophe Recoura

Evocation de la bibliothèque de Louis XVI © Christophe Recoura

Evocation du Grand Trianon © Christophe Recoura
Evocation de la galerie des Glaces © Christophe Recoura
Evocation des jardins à la française © Christophe Recoura
Evocation de la chambre de la Reine à Trianon © Christophe Recoura

Communiqué de presse

mardi 15 mai 2012

Un donjon aurait été élevé au milieu des arènes à l’époque médiévale

L’amphithéâtre gallo-romain de Drevant a été utilisé par les chevaliers de Charenton pour ériger une forteresse. Un fait sur lequel l’inspecteur Colum Boischaut s’est penché.
Le château a complètement disparu du paysage et de la mémoire des habitants du village ?
Credit : photo archives
Les migrations de Colum Boischaut n'ont jamais été dictées par la météo. Le fin limier saint-amandois goûte assez peu la pluie, encore moins les périodes caniculaires. Quand l'enquêteur décide de partie, c'est d'abord parce qu'il sait que sa Renault 12 tiendra le coup. Ce qui signifie, grosso modo, un rayon de cent kilomètres autour de Saint-Amand. C'est, aussi, pour voir quelque figure connue et peu vue ces derniers temps.

Cette fois-ci, c'est la Creuse qui a attiré Colum Boischaut. Juste quelques jours. Pour partager un verre de bourgogne avec un vieil ami passé par Saint-Amand il y a quelques années. Au moment du retour, difficile de ne pas passer par Huriel. Pour jeter un 'il à son donjon carré, dont Olivier Trotignon, l'ami médiéviste, lui avait longuement parlé.

Pas étonnant qu'au moment de son arrivée à Saint-Amand, il en touche quelques mots, par téléphone, à l'historien. « Belle idée, ce détour. Mais tu sais qu'il y en avait un à deux pas d'ici, dans un lieu improbable ? Assieds-toi dans ton vieux fauteuil club, je t'explique. »

Le site a dû paraître extraordinaire aux chevaliers de Charenton 
  « Dans les archives, des chevaliers sont mentionnés à Drevant, la vieille cité sacrée du peuple biturige. Or, aux XII e et XIII e siècles, il est rare de trouver des chevaliers sans château, tu vois… Extrêmement rare, même. En relisant les vieux rapports de déblaiement des ruines au XIX e siècle, il apparaît que les archéologues de l'époque, en creusant à l'intérieur de l'amphithéâtre gallo-romain, sont tombés sur les fondations d'un donjon carré. Un donjon carré, c'est le XII e siècle. C'est Huriel, que tu as vu, mais c'est aussi Lignières ou Le Châtelet, qui n'existent plus », explique l'historien, d'une traite.

Un donjon au beau milieu de l'amphithéâtre ? Colum Boischaut peine un peu à visualiser la chose, mais bon… Trotignon a bossé, il a passé en revue les archives, il a les diplômes, tout ça… Donc le fin limier saint-amandois le croit. Fait mine de, en tout cas. Et attend la suite, en interrogeant son interlocuteur. « Mais pourquoi aller construire un château au milieu des arènes alors que c'est plutôt étroit ? Il n'y a pas vraiment d'espace… Et qui en est à l'origine ? »

« Là, tu touches au second point. Parce qu'après les archives, l'archéologie, il y a la recherche sur le contexte historique de l'époque. Et Drevant au XI e siècle était un lieu rare. »

« Rare ? Comment ça, rare ? », questionne Colum Boischaut, en se grattant le front. « Dans un paysage où il commençait à y avoir quelques églises de pierres mais où on construisait avec des matériaux périssables, Drevant a dû paraître extraordinaire aux chevaliers de Charenton, puisque c'est bien d'eux dont il s'agit. Techniquement, au moment où la féodalité s'est installée ici, la civilisation de la Région n'avait pas les moyens de reproduire Drevant. Ils savaient monter de petites églises, mais tailler de gros blocs, comme ils en avaient sous leurs yeux avec l'amphithéâtre gallo-romain et les ruines alentours, ça a dû les attirer très tôt. »

« Tu es en train de me dire que les seigneurs de Charenton se sont installés là, en plein milieu des arènes, parce que c'était facile ? » Sans laisser de pause à l'inspecteur pour se remettre de ces infos, Olivier Trotignon poursuit. « Ben oui. Ils se sont dit que les pierres pourraient être remontées, tout simplement. Mets-toi à leur place : ils sont tombés sur un truc presque clés en mains, tu vois. Et qui leur a servi d'enceinte classique. Comme ils avaient besoin d'un donjon pour des raisons militaires et symboliques, ils ont construit un donjon carré au milieu de l'amphithéâtre. On peut supposer qu'il y avait encore des parties bien élevées à l'époque. »

Le lieu en désuétude au moment où Montrond naît
Sur les lieux, les seigneurs de Charenton ont aussi élevé une chapelle – qui était encore visible sous Henri IV – à l'intérieur de l'arène et creusé un puits, dont on a gardé la trace.

Au XIII e siècle en tout cas, plusieurs chevaliers de Drevant occupaient le site. « Le château est tombé en désuétude au moment où le château de Montrond s'est construit, précise le médiéviste. Il n'y avait plus d'utilité d'avoir une forteresse à Drevant. » 

Ça se termine comme ça, les histoires de seigneurs, de chevaliers et de châteaux ? Aussi mal ? « Et oui ! On peut supposer que le château s'est délabré. Qu'il est tombé un peu à l'abandon au cours du Moyen Âge. Tu sais, si on ne le voit plus à l'époque d'Henri IV, c'est que les paysans avaient commencé à piquer des pierres. En fait, quand Montrond s'est élevé, tout le monde voyait bien que le site était mieux choisi. Qu'il était en position dominante, sur un croisement des routes. Drevant, pour sa part, était un cul-de-sac. »

Conclusion ? « J'ai l'impression qu'un seigneur a pris l'opportunité de se lancer dans un truc costaud. Ça avait de l'utilité à un moment mais les moyens techniques ont dépassé ça rapidement. » 

Source : Valérie Mazerolle

mercredi 9 mai 2012

Colloque : « Marly : architecture, usages et diffusion d’un modèle français », château de Versailles, 31 mai, 1er et 2 juin 2012

Le colloque se tiendra à la Galerie basse du château de Versailles, les 31 mai, 1er et 2 juin 2012.


Depuis le 1er janvier 2009 , les 53 hectares classés Monuments historiques du domaine de Marly sont placés sous la responsabilité de l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles. Ce rattachement historique est l’occasion, pour le Centre de recherche du château de Versailles, de dresser un bilan des connaissances sur l’une des plus belles et des plus originales créations de Louis XIV. Réunissant les meilleurs spécialistes du sujet, ce colloque se veut interdisciplinaire en associant tout naturellement historiens, historiens de l’art ou des techniques et archéologues, de façon à aborder Marly sous tous ses aspects : aussi bien l’architecture, les jardins, les collections ou les eaux que les usages et le fonctionnement de cette résidence royale sous l’Ancien Régime, sans oublier les perspectives d’avenir du domaine. Il tentera également de mettre en évidence la véritable influence de Marly sur d’autres réalisations européennes ou du Nouveau-Monde.

Programme détaillé

Inscription obligatoire

Source : CRCV

vendredi 18 novembre 2011

Journées d'études : Qu’est-ce qu’un étranger à la cour de France ?

Qu’est-ce qu’un étranger à la cour de France ? : redéfinition et affirmation d’une catégorie dans la France du Grand Siècle
Journées d’études - 8 & 9 décembre 2011 - Auditorium du château de Versailles


Journées d’études orga­ni­sées par le Centre de recher­che.
Le but de ces deux jour­nées, qui s’ins­cri­vent dans le cadre du pro­gramme trien­nal « Les étrangers à la cour de France au temps des Bourbons (1594-1789) » mené par le Centre, est de mon­trer com­ment la figure poli­ti­que de l’étranger telle que la Révolution fran­çaise la des­sine, s’appuie sur une redé­fi­ni­tion de la caté­go­rie « étranger » qui se pré­cise au XVIIe siè­cle à tra­vers les pra­ti­ques admi­nis­tra­ti­ves et fis­ca­les de la monar­chie abso­lue, ainsi qu’à tra­vers les repré­sen­ta­tions curia­les.
Il s’agit ainsi d’obser­ver com­ment la caté­go­rie « étranger » est ins­tru­men­tée par l’État pour légi­ti­mer sa sou­ve­rai­neté, notam­ment dans les tex­tes infor­ma­tifs ou polé­mi­ques qui, en la fai­sant inter­ve­nir comme clef d’ana­lyse, sont conduits à la pré­ci­ser (par exem­ple, dans les débats gal­li­cans qui ponc­tuent le siè­cle, dans la contes­ta­tion du rôle joué par les favo­ris étrangers dans le gou­ver­ne­ment de l’État au temps de Concini puis de Mazarin, ou dans la pro­pa­gande anti-espa­gnole, récur­rente sous Henri IV et Louis XIII, puis dans la pro­pa­gande anti-hol­lan­daise sous Louis XIV), com­ment elle est uti­li­sée pour exal­ter la gloire de la monar­chie fran­çaise dans les diver­tis­se­ments et les décors curiaux ou, au contraire, com­ment elle peut être retour­née contre l’État, notam­ment lors­que s’ouvre la « crise de la cons­cience euro­péenne ».
Les jour­nées s’orga­ni­se­ront plus spé­ci­fi­que­ment autour de trois axes pour sui­vre l’évolution à tra­vers laquelle la caté­go­rie « étranger » est pré­ci­sée et s’affirme à la cour des Bourbons tout au long du XVIIe siè­cle :
* dési­gner l’étranger,
* ima­gi­ner l’étranger,
* glo­ri­fier, simu­ler, démas­quer l’étranger.


Programme des journées d'études :
http://chateauversailles-recherche.fr/IMG/pdf/carton_colloque_etrangers.pdf

lundi 7 décembre 2009

Dossier historique : Les fantômes de Trianon.


Les fantômes de Trianon.


Annie Moberly et Eleanor Jourdain.


Les fantômes de Trianon ou fantômes de Versailles désigne une expérience vécue en 1901 dans les jardins du Petit Trianon par deux Anglaises qui la considérèrent comme paranormale.



Nous sommes le 10 août 1901 dans l’après-midi. Annie Moberly principale du collège de St. Hugh’s Hall, troisième collège féminin de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) et Eleanor Jourdain vice-principale du même collège visitent le château de Versailles puis le parc.
Alors qu’elles dépassent le Grand Trianon et cherchent à gagner le Petit Trianon, elles aperçoivent sur le seuil d’une porte une femme qui secoue une nappe blanche. A côté une charrue et d’autres outils semblent abandonnés1. Plus loin, deux hommes coiffés de tricornes et vêtus de longs manteaux vert-de-gris, bêches à la main, se tiennent près d’une brouette2 : des jardiniers pensent-elles. Les deux misses leur demandent leur chemin : ils leur répondent de continuer tout droit.Le temps est couvert et orageux. L’atmosphère se fait pesante. Les deux visiteuses ressentent une impression grandissante d’inquiétude mais aucune ne fait part de son sentiment à l’autre. Le paysage devient irréel semblable à une tapisserie.Un homme assis sur les marches d’un petit kiosque tourne la tête à l’approche des deux dames : son visage est vérolé, sinistre et repoussant3. C’est alors qu’un autre homme, cheveux bouclés sous un chapeau à larges bords et enveloppé dans une cape noire arrive en courant et leur dit : 'Mesdames, il ne faut pas passer par ici mais par là, il faut tourner à droite. Cherchez la maison'4. Les visiteuses arrivent près d’une petite maison aux volets clos : sur la pelouse une dame semble lire ou dessiner. Ses cheveux sont blonds et elle est coiffée d’un chapeau de paille blanc. Elle est vêtue d’une robe drapée et un fichu vert tombe sur ses épaules5. Les deux femmes poursuivent leur chemin et arrivent à la hauteur de la maison suivante. Une porte s'ouvre, en sort un jeune homme qui leur donne l’impression d’être un serviteur6. Elles veulent s’excuser, pensant être sur une propriété privée, mais l’homme les mène jusqu’au Trianon proche où elles sont brusquement environnées par une noce.Mais l’histoire ne s’arrête pas là : miss Jourdain retournera seule à deux reprises sur les lieux. Le 2 janvier 1902, elle voit deux hommes vêtus de tuniques qui remplissent une charrette de fagots. Elle entend aussi des voix de femmes alors que retentit une étrange musique7.


Quelques jours plus tard, Mlle Moberly, toujours en proie à l’impression d’angoisse et d’irréalité de Versailles, en fait part à Mlle Jourdain en lui demandant si elle n’a pas l’impression que les lieux sont, en quelque sorte, « hantés ». Eleanor confirme son impression de malaise lors de la visite. Elles s’interrogent alors sur la cape portée bizarrement par l’homme aux cheveux bouclés en ce jour de grande chaleur ; son attitude, son air amusé leur semblent maintenant étranges et non-naturels. Mais c’est seulement en novembre, lorsque Eleanor Jourdain se rend à Oxford où Annie a depuis trois mois repris ses fonctions de directrice, qu’elles discutent plus longuement de leur expérience. Le fait que seule Eleanor ait vu la femme et la petite fille et que seule Annie ait vu la dessinatrice les trouble. Mlle Moberly, justement, a vu un portrait de Marie Antoinette par Wertmüller ; la reine lui a paru étrangement ressemblante, pour le visage et les vêtements, à la femme de la pelouse. Elle se renseigne auprès d’une Française qui confirme que des rumeurs courent depuis longtemps sur la présence du fantôme de Marie-Antoinette à Versailles.
Elles retournent à Versailles en 1902. Les lieux leur semblent différents ; elles apprennent que Marie-Antoinette se trouvait au Petit Trianon le 5 octobre 1789 lorsqu’on lui annonça la marche du peuple vers Versailles. Le 2 janvier, elles ont encore des perceptions étranges, dont celle d’une musique qu’elles essaient de se remémorer pour la faire identifier. On leur assure qu’il s’agit d’un style des années 1780. Elles visitent encore une fois la zone du Petit Trianon en 1904. Au cours de leurs recherches, elles pensent se rappeler la présence d’une charrue qui n’existait pas en 1901, de même qu’un pont qu’elles avaient franchi et qui a disparu ; elles découvrent que les « jardiniers » portaient un costume similaire à celui des gardes suisses de la reine et que la porte d’où est sorti le serviteur est condamnée depuis longtemps ; elles identifient l’homme au visage vérolé comme étant le comte de Vaudreuil.


Petit complément : Des analogies troublantes. Des recherches menées sur l’aventure des deux anglaises montrent les points suivants :


- 1Il n’y avait pas de charrue à Trianon en 1901


- 2Les gardes du XIIIe siècle portaient bien des tenues vertes, ce n’étaient donc pas des jardiniers !


- 3L’homme au visage vérolé serait le comte de Vaudreuil.


- 4L’homme qui courait et parlait de la 'maison' : or la reine Marie-Antoinette (1755-1793) appelait le Petit Trianon sa 'maison de Trianon'.


- 5La dame assise sur la pelouse évoque le portrait de Marie-Antoinette peinte en 1788 par Aldolf Ulrik Wertmüller.


- 6La porte de la chapelle par laquelle sortit le jeune homme n’avait pas été ouverte depuis 1892.


- 7La musique entendue par Eleanor Jourdain en 1902 serait caractéristique des partitions composées en 1780.


SOURCE : http://www.histoiresinsolites.com/

vendredi 18 septembre 2009

Versailles : Réouverture de l'Opéra Royal.

Réouverture de l'Opéra Royal de Versailles.




Fermé depuis deux ans, l'Opéra Royal du château de Versalles réouvre ses portes le 21 septembre 2009.



Les travaux de restauration ont eu pour but de nettoyer les décors mais surtout de remettre l'édifice aux nouvelles normes incendie (les derniers travaux sur ce point ayant été effectués dans les années 50).



Une programmation est prévue de décembre à juin : théatre (le bourgeois gentilhomme, le malade imaginaire), ballets (Shinbai), opéras (Barbara Hendricks, Mozart) , concerts (Camille, Juliette Greco)... Tout le monde peu y trouver son compte et venir passer une soirée d'exception dans ce lieu magique !



La programmation 2009-2010 est disponible sur le site de Chateau de Versailles Spectacle : http://www.chateauversaillesspectacles.fr/meta_spectacle.php?metaspe=2

mardi 28 avril 2009

Mise en place de la statue de Louis XIV sur la place d'armes du château de Versailles.

Ce lundi 27 avril, la statue de louis XIV qui fut retirée de sa place initiale pour laisser place à la grille royale, a été déposée sur la place d'armes du château après sa restauration...








vendredi 10 octobre 2008

Vandalisme à Versailles...

3 mois !

C'est ce qu'il a suffit pour que la grille royale du château de Versailles, inaugurée en juillet, soit vandalisée !



Contrairement à ce que l'on pourrai penser, la dorure est très fragile et le simple fait de la toucher l'abîme énormément. L'usure naturelle est normale, l'accélération de cette usure par des accoudements, voir le grattage professionnel à l'aide de ses clefs de voiture est un autre problème !!

Que peut faire le "touristus basus" avec une paillette d'or de la grille ? L'accrocher au mur du salon ? La mettre dans un bocal à poisson ?



Dire que pendant des mois et des mois des gens ont durement travaillés à retrouver des archives, à la forger à la main, puis la dorer pendant des dixaines d'heures de travail, pour nous la rendre dans un état le plus parfait possible... Et tout cela pour quoi ? Pour que quelques individus IRRESPECTUEUX à souhait décident d'emmener un petit bout de patrimoine chez eux ?




En voici le résultat :


Photo prise par "Ganymede", tirée de : http://forum.aceboard.fr/64818-137-6668-0-longtemps-attendre.htm

mercredi 11 juin 2008

Exposition : Les batailles de Louis XV.

LES BATAILLES DE LOUIS XV



PAR PIERRE LENFANT.




L'exposition se situe dans les appartements de Mme de Maintenon du 10 juin au 7 septembre 2008, du mardi au dimanche, de 9h à 18h.


Une série de photos de Karl Lagerfeld précèdent l'exposition. C'est un passage obligatoire, et selon certaines personnes qui ont déjà vu l'exposition, il semble que "si monsieur Lagerfeld est reconnu dans la mode, ses photographies laissent à désirer !".



L'exposition vise à montrer 6 tableau de Pierre Lenfant, récemment restaurer par le Ministère de la Défense dans les atelier de restauration de Versailles.







dimanche 18 mai 2008

Les arts décoratifs : L’évolution du programme décoratif au château de Versailles, suivant les différentes périodes du règne de Louis XIV.


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© Eosclio

Cet exposé a été fait dans le cadre d'un cours d'informatique. Il est donc très court (10 minutes d'oral), axé sur une seule chose à la fois et donc très incomplet.


Introduction.


¤ En 1682, Louis XIV (1638 – 1715), après avoir longtemps « vagabondé » d'une demeure royale à une autre, s'établit définitivement à Versailles en 1678 en en faisant sa demeure officielle. Puis rapidement, il en fait également la demeure de la cour où il la transfert depuis Paris le 18 août 1682. Près de 20 000 personnes sont alors à résidence sur les lieux, qui n’était jusque là qu’un petit village campagnard marécageux.
¤ Son choix est guidé par une méfiance qu'il éprouve à l'égard de la capitale et de sa population aristocrate jugée difficilement maîtrisable, mais surtout sa méfiance pour la noblesse qu’il veut contenir depuis l'épisode de la Fronde
[1]. Il décide, à partir de 1661, de transformer progressivement ce qui n'est encore que le pavillon de chasse de son père en une demeure royale, en un domaine qu'il peut bâtir à son image, et surtout une parfaite prison dorée, où règneront de longues années durant le faste, le luxe et l'abondance.
¤ Le château de Versailles doit donc devenir le symbole et le centre de la France, une prison dorée pour la noblesse, une maison royale, une ambassade politique...
Versailles va ainsi devenir un modèle d'architecture et de puissance dans toute l'Europe.
¤ L’ornementation du mobilier illustre parfaitement la politique culturelle menée par le monarque. Il est donc pertinent d'étudier l'évolution du programme décoratif au château de Versailles suivant les différentes périodes du règne de Louis XIV, illustré par ses relations avec ses trois principales maîtresses. Nous examinerons dans un premier temps les prémices décoratives de la monarchie absolue. Puis dans un second temps nous analyserons l'apogée du faste au service de l'autorité. Enfin, notre réflexion se portera sur le déclin du luxe et de la magnificence.





La duchesse de La Vallière de 1661 à 1667



¤ Née le 6 août 1644 à Tours, elle entra à la cour à l'âge de 17 ans en tant que jeune fille d'honneur de la nouvelle duchesse d'Orléans[2]. Elle en vient très vite à rencontrer le roi dont elle tombe secrètement amoureuse. Ainsi, dès 1661, devient-elle sa maîtresse malgré la désapprobation de la reine mère Anne d'Autriche. Mademoiselle de La Vallière éprouve alors pour le roi un amour pur et désintéressé. En 1666, après la mort de la régente, Louise devient officiellement la favorite du roi, un an avant leur séparation.
¤ La duchesse de nature discrète n'influencera pas particulièrement la politique entamée par le jeune Louis XIV, dont le culte de la personnalité est déjà bien prononcé. La relation que le souverain entretient avec Mademoiselle de La Vallière correspond à la première campagne de transformation du château de Versailles qui passe d'un simple « rendez-vous de chasse » à un palais digne d’un monarque.
¤ Les modifications architecturales se concentreront davantage sur les jardins dont les commandes seront confiées à Le Nôtre
[3]. La transformation discrète du château donne très vite les couleurs d'un nouveau style dont le monarque absolu saura habilement user.


La mise en place d'un style : la France rayonnante
¤ Le style et la politique ne sont que les deux aspects d'une même volonté de grandeur et d'éclat. A partir de 1661, le roi impose son style à toutes les créations artistiques. Le style dit « à la française », l’ « ordre français », dont Louis XIV sera l'instigateur, est rapidement imité par toute l'Europe. Il s'agit d'une esthétique particulièrement formaliste, indifférente à la réalité, plus soucieuse de parer la nature que de la comprendre, et qui s'applique aussi bien à l'architecture, qu'aux arts décoratifs divers : peinture, orfèvrerie, mobilier, jardins…
¤ Ce style se reconnaît à l'équilibre, au goût de la symétrie, à l'ampleur des lignes et à un profond mépris pour le désordre. Le mobilier reste assez proche du style Louis XIII et l'ornementation sculptée demeure lourde. Cette dernière est omniprésente, on la retrouve notamment au niveau du piétement des consoles, des entrejambes de fauteuils, des armoires et des guéridons. Elle se manifeste sous la forme de différents motifs décoratifs, communs aux bois sculptés et aux bronzes.


¤ Ces motifs peuvent être de diverses origines :
> humaine : les masques, les mascarons et toutes les personnifications de Louis XIV en Apollon ou Roi-Soleil ayant pour objectif d'asseoir son pouvoir de manière absolue en représentant un roi tout puissant ;
> animale ;
> végétale, telles que les fleurs de lys, généralement brodées sur différents textiles comme les tapisseries ou les rideaux, qui sont des symboles essentiels de la royauté ;
> les attributs guerriers dont l'objectif est de confirmer la puissance militaire du souverain ;
> les jeux de fond ;
> les motifs empruntés à l'architecture et ceux empruntés à l'art des tapissiers.


Le lit royal
¤ Cette volonté d'octroyer aux meubles une place des plus symboliques, et à travers eux de mettre en avant le pouvoir et le contrôle du roi, est exprimée de façon très frappante par le rôle donné au lit royal. Il était en effet gardé en permanence en l’absence du roi et les seigneurs et les dames qui passaient devant devaient le saluer.
¤ Cette importance accordée au lit royal est liée à la notion de « lit d'Etat » : le lit est le siège du pouvoir royal. Il est placé dans la chambre de parement ou de parade. C’est une pièce publique utilisée pour gérer les affaires de l’Etat, le monarque disposant en parallèle d'une vraie chambre pour la nuit. Le lit était protégé d'une barrière, (appelée balustrade ou balustre), qui séparait l'alcôve où il était placé, du reste de la pièce. Dans cette même pièce se trouvait aussi un siège, utilisé par le roi pour accomplir son devoir de souverain (recevoir, accorder ses audiences, mais aussi les cérémonies du lever et du coucher du roi), et qui remplissait véritablement les fonctions du trône. À partir de 1701, ce lit se trouva au centre du château, étant certainement une manière de réaffirmer pour le roi son pouvoir alors que son déclin commençait à se faire sentir (c’est notamment l’exemple
utilisé ci-dessus) en créant ici un véritable sanctuaire de la monarchie.
¤ Une sculpture très représentative de la symbolique accordée à cette pièce, et en particulier à ce lit, est celle réalisée par Nicolas Coustou en surplomb du lit royal. Nicolas Coustou (1658-1733) appartenait à une famille de sculpteur sur bois. Il commence à travailler à Versailles à partir de 1700.
Cette pièce en stuc et dorée, qui figure une allégorie de « La France veillant sur le sommeil du Roi », consacre totalement la symbolique liée à cet objet qu’est le lit d’état.
¤ L’exemple de cette chambre est particulièrement intéressant dans le sens où il permet de se rendre compte de l’importance accordée aux arts décoratifs dans la vie quotidienne de la cour, puisque ici, tout est mis en place pour imposer le pouvoir et la puissance du roi. Le lit, pièce essentielle de son pouvoir royal, mais aussi tous les éléments annexes ont ce même rôle : du parquet, à la balustrade en bois sculpté et doré, jusqu’aux murs avec les tentures, qui étaient changées en fonction des saisons (en hiver, elles étaient en velours cramoisi brodé d’or, et en été, en brocart d’or et d’argent sur fond de damas cramoisi).



La marquise de Montespan de 1667 à 1683
¤ Elle naquit en 1641 à Château de Tonnay-Charente (Saintonge) et arriva à la cour en 1660 pour devenir fille d'honneur de la reine Marie Thérèse d'Autriche[4]. Elle devint ensuite maîtresse du roi en 1667 (officiellement en 1674), succédant ainsi à Mademoiselle de La Vallière avec qui elle fut amie.
¤ D'esprit vif et cultivé, elle bénéficia d'un statut quasi-royal et joua un rôle déterminant dans les affaires politiques de Versailles. En effet, les ministres et les courtisans se soumirent à elle, sachant son influence. On lui demandait aussi régulièrement conseils. Elle connut donc
tous les secrets d'Etat.
¤ La marquise de Montespan possédait aussi un goût exacerbé pour le faste, le luxe et l’exotisme et influença directement le roi dans ses choix décoratifs en développant chez lui un goût pour la magnificence. De plus, elle fut une grande protectrice des Beaux-Arts en contribuant à l'essor d'artiste tel que Molière, Lully, La Fontaine, etc. Le « règne » de la marquise de Montespan marqua la maturité et l'expansion du pouvoir du roi.


Versailles politique : le mobilier d'argent
¤ La relation du roi avec la marquise de Montespan marqua l'entrée de Versailles dans une ère politique nouvelle. Louis XIV désirait absolument contrôler la noblesse. C'est alors qu'il décida de l'attirer à Versailles afin de l'avoir sous son autorité. Il y organisa donc des fêtes, plus somptueuses les unes que les autres, séduisant ainsi les gens avides de pouvoir.
¤ Dès 1664, le roi passa la commande de mobilier en argent, déjà très à la mode à l'époque (cour de Christine de Suède ou Anne d'Autriche, mère de Louis XIV). L'exception de celui-ci réside dans le fait qu'il est en argent massif, ce qui n'était pas le cas pour les autres cours d'Europe dont le mobilier était constitué de plaques d'argent épaisses, travaillées au repoussé et fixées sur des structures en bois.

¤ Ces meubles furent présentés lors des cérémonies afin d'éblouir l'assistance. En 1682 la cour s'installa officiellement à Versailles, après l'annonce faite en 1678 de ce mouvement, le mobilier trouva donc sa place dans le Grand Appartement.
¤ Ce mobilier fut imaginé par Le Brun[5], et fabriqué à la manufacture Royale des Gobelins[6], aux galeries du Louvre et par les plus éminents orfèvres de la corporation parisienne.
Ils furent exposés dans l’enfilade des sept salons qui conduisaient du salon d’Hercule à la galerie des Glaces, passage obligés des grands du royaume à Versailles (pièces publiques). Toute la gamme des luminaires y était représentée : lustres, girandoles, appliques.



¤ Sur les quatre côtés du Salon de Mars, la pièce était ornée de grandes pièces d’argent tel que le souligne Béatrix Saule, conservatrice en chef du château : « Des buires s’élevant à deux mètres de hauteur, des seaux à proportion, des tables flanquées chacune de deux guéridons et surmontées de grands miroirs. Les luminaires d’argent et les accessoires de cheminée étaient nombreux, car ce métal joue volontiers avec le feu, avec les flammes du foyer. L’invention des grands miroirs va désormais lui permettre de jouer aussi des reflets. ». Ce jeu de lumière intervient ici comme encore une autre représentation du soleil, à la hauteur des ambitions de Louis XIV : "Figurez-vous quel est l’éclat de cent mille bougies dans cette grande suite d’appartements, je crus que tout y était embrasé. Les ameublements d’or et d’argent avaient encore leur éclat particulier, avec les dorures et les marbres…"
[7].
¤ L'argenterie de Louis XIV fut estimée à 200 pièces représentant 20 tonnes d'argent massif. On comptait parmi ces meubles plusieurs tables, d'opulents miroirs (jusqu'à 450kg), d'imposantes bancelles dont les dossiers étaient ornés de broderies précieuses protégées par des housses de taffetas crème. « Ce gigantisme, remarque Béatrix Saule, pourrait paraître barbare sans la délicatesse de la ciselure qui ornait toutes ces pièces de scènes mythologiques, d’emblèmes royaux ou de références au dieu solaire Apollon. ».
¤ Ce mobilier tout à fait extraordinaire est lui aussi mis au service de la grandeur du roi, à la fois par la richesse de son matériaux premier mais aussi par la finesse de sa réalisation et par les thèmes qu’il évoque, à travers des allégories à la gloire du roi. En plus de sa fonction première liée au plaisir et à la fête, le décor devient, ici encore, instrument de pouvoir : « A mesure qu’il s’avançait dans les chambres des résidences royales, l’argent se faisant de plus en plus présent, le visiteur se sentait approcher du cercle des élus de Dieu »[8].
Cependant cette opulence d'argent ne dura pas. Suite à la révocation de l'Edit de Nantes, l'Europe protestante se coalisa
contre la France. Afin de soutenir l'effort de guerre, et toujours dans cet objectif de montrer l’exemple et de contrôler la bourgeoisie à qui il demande de faire de même, Louis XIV annonça à sa cour, en 1689, la fonte de son mobilier d'argent.


¤ Il nous est aujourd’hui connu à travers différentes sources, écrites, notamment par le Journal du garde-meuble ou par les comptes des bâtiments du roi, ou les dessins et les cartons de Le Brun, ou encore par le témoignage laissé des mobiliers des autres cours.





¤ Née en 1635 dans la prison de Niort elle épousa en 1652 le célèbre poète Scarron. Grâce à lui, elle entra dans un cercle littéraire et fit la connaissance de Madame de Sévigné et de Madame de la Fayette.
¤ A la mort de son mari en 1660 elle se fit remarquer par la marquise de Montespan et devint la gouvernante de ses bâtards. En récompense de ses services et surtout de l’amour maternel qu’elle donna sans compter à ses enfants, Louis XIV lui accorda le domaine de Maintenon qu'elle érigea en marquisat.
¤ Elle succède rapidement à madame de Montespan dans le cœur du Roi par son esprit, sa sagesse, sa gentillesse et avant tout sa bienveillance. La marquise de Maintenon se plut à faire la morale au roi en l'incitant à se rapprocher de son épouse. De plus, la Marquise de Montespan étant compromise par l’Affaire des Poisons[9] et la mort de la reine le 30 juillet 1683, il l'épousa alors en secret dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683.
¤ Cependant elle ne se comporta jamais comme une reine. Son comportement dévot influença fortement le roi dans le sens de la rigueur morale, de l'austérité et de la dévotion. Les fêtes et les divertissements disparurent peu à peu de Versailles et Louis XIV se plaisait de plus en plus à la consulter quotidiennement au sujet d'affaires politiques.

L'embaumement de Versailles : retour à la sobriété
¤ En 1683, Louis XIV avait réalisé son rêve : Versailles était devenu un centre politique en France et en Europe et le symbole de son rayonnement. ¤ Sous l'influence dévote de Madame de Maintenon et appauvrit par les guerres successives, il cessa d'organiser des fêtes, des cérémonies et se retira dans l'atmosphère plus intime de Marly ou du Trianon. Les courtisans regagnèrent peu à peu Paris ou la Province.
¤ L'un des changements décoratifs significatifs illustrant ce revirement d'attitude de la part du roi se trouvait probablement au niveau de la nef. Cette dernière était un vaisseau d’orfèvrerie en forme de navire démâté, qui paraissait au repas public du roi. C’était un symbole royal très fort. Du début de son règne et jusqu'en 1683, Louis XIV en fit un usage ordinaire ce qui représentait une nouveauté. De cette manière il représentait une fois encore son autorité et sa puissance aux nobles et courtisans qui l'entouraient. Mais à partir de 1683 et après le mort de la reine, il prit la décision de dîner seul dans sa chambre devant les hommes de la cour et sans nef.

¤ Cet abandon d'un des attributs royaux les plus forts marqua le vieillissement du roi qui se montrait bien moins en monarque absolu. La décoration se fit alors plus fine, plus légère et plus libre annonçant ainsi le style de la régence.


¤ Ainsi, le programme décoratif de Versailles est-il constamment caractérisé par la présence de la figure du souverain présenté sous forme d'Apollon ou de roi soleil chantant à sa gloire et à sa puissance. Cette dernière est sans cesse rappelée par le moindre motif décoratif. Le monarque, à travers la décoration de son palais notamment, contrôle de cette manière les courtisans, assujettis à tout ce faste, par le luxe et l'ornementation grandiose et foisonnante. De plus, le roi va arborer les richesses de la France aux yeux de l'Europe entière faisant du style dit « à la française » une référence d'excellence. Car en effet, de ce fait, ce que l’on nomme aussi l’ « ordre français » se place de par le nom et la renommée au rang de l’art grec et de l’art romain, arts idéaux à l’époque car intemporels donc absolus. L'architecture et les jardins dont la symétrie et la finesse éblouissent, sont bientôt imités partout dans le monde. Cependant, à la fin de sa vie, le souverain reconsidère ses valeurs morales et sa soif de puissance s'estompe peu à peu, laissant place à une attitude emplit d'austérité, de dévotion.


¤ Cette étude brève de la décoration du château de Versailles nous permet ainsi de considérer l’évolution d’une mode, d’un style, en fonction de son contexte ; ici en fonction de la vie du monarque et de la politique de la France du Grand Siècle.
¤ On peut alors se demander si l’art n’est-il pas toujours politique ? Le lien entre les deux est en effet très étroit. L’art est à la fois un reflet de la société et à la fois un enjeu politique, culturel, idéologique et économique, dont va pleinement tirer profit Louis XIV.
¤ Nous voyons dès lors que l’art décoratif pour l’art décoratif n’a pas lieu d’être sous ce règne ou tout du moins il est détourné pour adopter une signification bien plus importante que la simple notion de décoration à laquelle il est dévolue au départ.
¤ Ainsi un simple objet, sous Louis XIV, devient le symbole de la puissance et du génie d’un pays tout entier et participe alors à la magnificence et l’image de grandeur de la France dans le monde.

Notes : [1] De 1648 à 1653. Période de troubles menés par la noblesse pendant la régence, contre le cardinal Mazarin.
[2] Henriette d’Angleterre (1644 – 1670). Epouse son cousin germain Monsieur, Philippe Ier d’Orléans (1640 – 1701), frère cadet de Louis XIV, le 31 mars 1661. Fut longtemps soupçonnée d’être la maîtresse du Roi, Monsieur ayant un penchant pour les hommes plus que pour les femmes.[3] Paysagiste (1613 à 1700). Fameux jardinier de Louis XIV. Employé exclusivement par le monarque dès le 17 août 1661 avec les deux autres plus grands artistes du royaume qu’étaient Le Vau et Le Brun aux suites de la fameuse fête de Fouquet à Vaux-le-Vicomte.
[4] Infante d’Espagne (1638 – 1683). Epouse son double cousin germain, Louis XIV le 6 juin 1660 à Saint Jean de Luz.
[5] Premier peintre du Roi sous Louis XIV (1619 – 1690). Sa plus grande œuvre est sans contexte le plafond de la Grande Galerie (Galerie des Glaces).
[6] Manufacture de tapisserie à paris. Crée en 1601 sous l’impulsion d’Henri IV.
[7] L’Abbé Bourdelot http://www.maisonapart.com/edito/decoration-quand-versailles-brillait-de-mille-feux-974.php
[8] Mogens Bencard, président du Rosenborg, dans l’inventaire de sa collection. http://www.liberation.fr/culture/298362.FR.php
[9] Affaire qui secoua Paris et la Cour de 1670 à 1680. Des poisons et des philtres d’amours auraient été fais à partir de restes de fœtus, d’enfants et animaux. La Marquise de Montespan fut accusée par La Voisin (principale accusée) d’avoir fait des philtres d’amour et des messes noires pour garder le Roi auprès d’elle.





Principaux sites utilisés pour le texte : ¤ Château de Versailles, site du château et du domaine de Versailles et de Trianon.
Adresse : <
www.chateauversailles.fr> [dernière consultation : 05/05/08].
Un des sites principaux de nos recherches. La base de donnée et de documentation, sans toucher proprement notre sujet, nous permis de nous renseigner sur le rapport entre les arts de Versailles, le pouvoir et le roi. Nous avons aussi pu y voir la manière d'aborder le sujet et l'évolution que peux avoir un art selon les périodes d'un règne.
Cependant le site étant principalement fait pour le tourisme, il est difficile d'y trouver des informations précises, sur un sujet précis.
¤ Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles.
Adresse : <
http://crcv.revues.org> [dernière consultation : 03/05/08].
Un autre site très important. Certains chercheurs du château, comme Béatrix Saule (conservatrice en chef du château), y écrivent des articles destinés à paraître dans la revue de recherche du château. Quelques articles nous ont permis de bien approfondir.
Par ailleurs, les informations ne sont pas contestables, provenant de chercheurs professionnels travaillant sur le site même.
¤ Connaissances de Versailles. Forum des passionnés du château.
Adresse : <
http://versailles.forumculture.net/> [dernière consultation : 07/05/08].
Il s’agit d’un forum mais les messages y sont inscrits sont très pertinents et les personnes laissent en général des liens vers des sources de qualité. Beaucoup de professionnels écrivent sur ce site et malgré les amateurs, le sérieux se ressent. Les informations sont vérifiables et justes. Le forum aborde quasiment tous les thèmes touchant au château et au domaine qui nous a permis de compléter, surtout approfondir et donner des exemples dans notre sujet.

Principaux sites utilisés pour l’iconographie :
¤ Photo – RMN, site des photographies prises pour la Réunion des Musés Nationaux.
Adresse : <
www.photo.rmn.fr> [dernière consultation : 05/05/08].
Base de données photographiques très complète. Possibilité de recherches très précises. A principalement servit pour l'iconographie d'objet, de pièces.
¤ Base Joconde, site rattaché au Ministère de la Culture.
Adresse : <
www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr> [dernière consultation : 03/05/08].
Base très complète et reconnue principalement pour les tableaux.

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