La fréquentation des tournois au début du XIIIè siècle d'après l'histoire de Guillaume le Maréchal- Attendingtournamentsat the beginningof the thirteenthcenturyafter the story of Guillaume le Maréchal / Teilnahme anTurnierenzu Beginndes dreizehnten Jahrhundertsnach derGeschichte von Guillaume le Maréchal / Asistirtorneosa principiosdel siglo XIII,después de la historiade Guillaume le Maréchal / Assisteretorneiall'iniziodel XIIIsecolo, dopola storia di Guillaume le Maréchal / Посещениетурнирыв началетринадцатого векапосле истории Guillaume le Maréchal / Guillaume le Maréchalの歴史から13世紀の初めにトーナメントに参加して / Atendertorneiosno iníciodo século XIII,a partir da históriade Guillaume le Maréchal / Udział w turniejachna początkuXIII wiekuzhistorii Guillaume le Maréchal / 從Guillaume le Maréchal的歷史十三世紀初參加聯賽.
Temps modernes :
Edit portant règlement pour la nourriture et l'entretient des pauvres de la Ville et faubourgs de Paris (1547) - Editissuing regulationsforfood andkeepsthe poor inthe city andsuburbs ofParis(1547) / Bearbeiten Sieden Erlass von Vorschriftenfür Lebensmittel undhältin der Stadtund in den VorortenvonParis (1547)die Armen / Editeestablezcan reglamentos aplicables alos alimentosy mantienea los pobres enlaciudad y los suburbiosdeParís(1547) / Modificaemanare normeper il ciboe mantienei poveridellacittà e la periferiadi Parigi(1547) / Редактироватьустановлении правил дляеды иоставляет бедныхв городеи пригородахПарижа(1547) / 食糧のための規制を発行する編集し、(1547年)、パリの街の郊外に貧しい人々を保つ / Editeemitirregulamentos paraalimentos emantémos pobresna cidade esubúrbiosdeParis(1547) / Edytowaćwydawania regulacjiw odniesieniu do żywnościi utrzymujeubogichw mieściei na przedmieściachParyża(1547) / 編輯發布法規對食品和使窮人在巴黎(1547年)城市和郊區.
L'exercice du pouvoir politique au XVIIè siècle en France - Theexercise of political powerin the seventeenth century in France / DieAusübung der politischen Machtim siebzehnten Jahrhundert in Frankreich / Elejercicio del poder políticoen el siglo XVIIen Francia / L'eserciziodel potere politiconel XVIIsecolo in Francia / Осуществлениеполитической властив семнадцатом векево Франции / フランスでは17世紀に政治権力の行使 / Oexercício do poder político, no século XVII, na França / Wykonywaniewładzy politycznejw XVII wiekuwe Francji / 行使政治權力在法國十七世紀.
Temps contemporains :
La France et l'Egypte à la fin du XVIIIe et XIXe siècles : archéologie et politique- France andEgyptin the lateeighteenth and nineteenth centuries: archeologyandpolitics / Frankreichund Ägyptenin den spätenachtzehntenund neunzehnten Jahrhundert:Archäologieund Politik / Francia y Egiptoa finales de lossiglosXVIII y XIX:la arqueologíay la política / Francia ed Egittoalla fine del XVIIIe XIXsecolo:archeologiae politica / Францияи Египетв концевосемнадцатого и девятнадцатого веков:археологиии политики / 18世紀後半と19世紀のフランスとエジプト:考古学と政治 / Françae Egitono final dosséculosXVIII e XIX: arqueologiae política / FrancjaiEgiptpod koniecXVIII i XIX wieku:archeologii ipolityce / 法國和埃及在18世紀末和十九世紀:考古學與政治.
Jack l’Éventreur (1888) - Jack The Ripper / Jack der Aufschlitzer / Jack el Destripador /
Jack lo squartatore / Джек Потрошитель / 切り裂きジャック / Jack, o Estripador / Kuba Rozpruwacz / ג'ק המרטש / Karındeşen Jack / جاك السفاح / 開膛手傑克.
Les fantômes de Trianon (1901)- Ghostsof Trianon (castle of Versailles,1901) / Geister vonTrianon(Schloss vonVersailles, 1901) / Fantasmas delTrianon(castillode Versalles,1901) / Gli fantasmi di Trianon(castellodi Versailles,1901) / ПризракиТрианон(замокВерсаль,1901) / トリアノンの幽霊(ベルサイユの城、1901) / Fantasmas doTrianon(castelode Versalhes, 1901) / DuchyTrianon(zamekw Wersalu,1901) / 特里亞農鬼(城堡凡爾賽,1901年).
Jack l'Éventreur (en anglais, Jack the Ripper) est un tueur en série qui vécut à Londres à la fin du XIXe siècle, dont l'identité n'a jamais pu être établie. Il assassina au moins cinq prostituées du quartier pauvre de Whitechapel, à Londres en 1888.
Victimes :
Les victimes de Jack l'Éventreur étaient toutes des prostituées occasionnelles œuvrant à Whitechapel, dans l'East End,
l'un des quartiers les plus pauvres de Londres.
À l'exception de la
dernière, âgée de 25 ans, la plupart des victimes avaient la
quarantaine.
31 août 1888 - Mary Ann Nichols, dite « Polly » :
: naissance à Londres sous le nom de Mary Ann Walker.
Mariée et séparée de son mari depuis 1882. Mère de 5 enfants.
Meurtre :
Le corps est retrouvé vers 3h30 du matin dans Buck’s Row.
Gorge tranchée.
Langue lacérée.
Abdomen entaillé.
Organes génitaux profondément entaillés.
L’autopsie conclut que la victime fut d'abord étranglée et que l’assassin était un gaucher (thèse plus tard réfutée par les historiens).
Les journaux de l’époque, quotidiennement remplis d’articles sur des
femmes assassinées, mutilées ou brûlées vives, considérèrent ce cas
comme « étrange », mettant ainsi le doigt sur la particularité du mode
opératoire du tueur sur la victime.
Cliché mortuaire de Mary Ann Nichols.
Buck’s Row.
Biographie :
Septembre 1842 : naissance à Londres sous le nom d'Eliza Ann Smith.
Mariée, mère de deux filles et d'un fils invalide.
Meurtre :
au matin, dans la cour intérieure du numéro 29 de Hanbury Street.
Gorge tranchée.
Tête presque séparée du corps.
Ventre ouvert.
Intestins déposés sur l’épaule droite.
Vagin, utérus et deux tiers de la vessie prélevés.
À ses pieds, on découvrit quelques pièces de monnaie et une enveloppe en papier portant la date du 28 août.
Un témoin, habitant de l’immeuble, affirma avoir entendu une femme crier « non »
mais avoua ne pas avoir eu le courage de regarder par la fenêtre. Le
lendemain, une petite fille informa la police qu’elle avait vu, quelques
maisons plus loin, une flaque de sang : les policiers déclarèrent qu’il s’agissait probablement d’une trace laissée par le tueur alors qu'il emportait les organes prélevés sur la victime.
À partir de ce moment, l’assassin fut qualifié de dément fanatique ou de
maniaque sexuel, sans aucune connaissance en anatomie. L’unique indice
provenait de quelques témoins qui affirmèrent avoir vu les victimes
discutant avec un homme portant un chapeau de chasse et un long manteau
sombre. Il est dit également qu'il boitait.
Annie Chapman photographie prise après son assassinat.
Cour intérieure du numéro 29 de Hanbury Street.
: naissance à Torslanda, district de Göteborg, Suède.
Mère de deux enfants et divorcée en 1876.
dans Dutfield's Yard, une courette qui s'ouvrait sur Berner Street, devenue Henriques Street.
Le corps est découvert par Louis Diemschutz.
Profonde entaille à la gorge.
Selon le témoignage d'un cocher, le sang en coulait encore lorsqu’il la découvrit.
La presse la surnomme ironiquement « Lucky Lizbeth », celle que l'assassin, dérangé par un témoin, n'a pas eu le temps d'éventrer.
Selon certains spécialistes, ce meurtre, qui a été commis très peu de temps avant le suivant et dans
un lieu éloigné, ne peut pas être l'œuvre de Jack l'Éventreur. Il lui
est pourtant attribué. Un témoin, Israel Schwartz, assiste à son
agression par un homme ivre qui l'a jetée à terre en vociférant des
insultes.
Cliché mortuaire d'Elizabeth Stride.
Berner Street.
30 septembre 1888 - Catherine Eddowes, dite "Kate Conway" :
Biographie :
: naissance à Wolverhampton.
Mère d'une fille et de deux fils de son compagnon Thomas Conway.
Meurtre :
30 septembre 1888 : son corps est retrouvé par un policier faisant sa ronde dans une petite place de la City de Londres, Mitre Square.
Ventre ouvert.
Gisant dans une mare de sang.
Nez et oreille
droite entaillés.
Visage marqué d’un large V au couteau.
Quasiment décapitée.
Éventrée « comme un cochon à l’étalage ».
Estomac et intestins posés sur l’épaule droite.
Foie coupé.
Un rein et l'utérus enlevés.
Catherine Eddowes fut soumise à un véritable martyre, probablement en
raison du fait que Jack n’avait pu achever son « travail » sur Elisabeth
Stride.
Le lieu de son assassinat (Aldgate) a entraîné l'entrée en action de la
police de la City, et non plus de la seule Metropolitan Police, jusque
là en charge exclusive de l'affaire.
Cliché d'autopsie de Catherine Eddowes.
Mitre Square.
9 novembre 1888 - Mary Jane Kelly, dite "Ginger" :
Biographie :
Vers 1863-1864 dans la ville ou le comté de Limerick en Irlande.
Veuve Davies.
Meurtre :
9 novembre 1888 vers 3h du matin au 13, Miller's Court.
Corps allongé au milieu du lit.
Tête tournée sur la joue
gauche.
Épaules à plat, mais l'axe du corps légèrement incliné vers
le côté gauche.
Bras gauche le long du corps, avec
l'avant-bras replié à angle droit et reposant en travers de l'abdomen.
Bras droit, quelque peu détaché du corps, sur le matelas. L'avant-bras, posé sur l'abdomen,
laisse apercevoir les doigts serrés.
Jambes largement
écartées, la cuisse gauche formant un angle droit avec le tronc, la cuisse droite dessinant un angle obtus avec le pubis.
Surface extérieure de l'abdomen et des cuisses arrachée.
Viscères retirés de la cavité abdominale et éparpillées un
peu partout : l'utérus, les reins et un sein se trouvent sous la tête ;
l'autre sein, près du pied droit ; le foie, entre les pieds ; les
intestins, à la droite du corps ; la rate à la gauche du corps ; des
lambeaux de chair de l'abdomen et des cuisses ont été empilés sur une
table
Seins
coupés à leur base
Bras mutilés de nombreux coups de couteau
irréguliers.
Visage est totalement méconnaissable.
Tissus du
cou sectionnés jusqu'à l'os.
Cœur retiré et n'a pas été retrouvé.
Photo de police de Mary Jane Kelly prise sur les lieux du meurtre.
13, Miller's Court.
Autres victimes possibles :
Annie Millwood : victime d’une agression le 25 février
1888 dans White's Row, entraînant son hospitalisation pour de
nombreuses blessures dans les jambes et le corps. Elle quitta l’hôpital
et mourut des suites de ses blessures, le 3 mars 1888.
Ada Wilson : victime d’une agression survenue le 28 mars 1888 chez elle 19, Maidman Street, dans Mile End, à l'est de Whitechapel.
Martha Tabram, dite "Emma Turner" : assassinée le 7 août
1888 dans George Yard. Son corps fut retrouvé lardé de 39 coups de
couteau. Elle est considérée par certains comme une victime possible
compte tenu du lieu, de la date et des circonstances de sa mort.
Cependant, elle n'a été ni égorgée ni dépecée, contrairement aux autres
victimes (exceptée Stride). Le doute subsiste néanmoins, car l'évolution
dans la gravité des blessures des victimes de Jack l'Éventreur dénote
un comportement propre au profil psychologique des tueurs en série.
Elizabeth Jackson, dite "Lizzie" : son corps est retrouvé en morceaux dans la Tamise entre le 31 mai et le .
Alice McKenzie.
Frances Cole.
Lieux :
Trois des cinq crimes se déroulent dans des lieux publics, en pleine
rue, et un quatrième dans une cour d'immeuble. Les actes de prostitution
ont souvent lieu, à cette époque, sur la voie publique, alors peu
éclairée, dans des impasses, des ruelles étroites, ou des passages
privés. L'assassin profite donc d'un terrain propice où il peut agir
sans se faire remarquer
Scènes de crime - Osborn Street (Emma Elizabeth Smith), George Yard (Martha Tabram), Durward Street (Mary Ann Nichols), Hanbury Street (Annie Chapman), Berner Street (Elizabeth Stride), Mitre Square (Catherine Eddowes), Dorset Street (Mary Jane Kelly).
Les lettres et indices :
Dear Boss :
Reçue le 27 septembre 1888 par la Central News Agency et signée Jack the Ripper(Jack l’éventreur). Elle ne fut pas authentifiée comme étant de la main du tueur ; il est possible qu’il s’agisse d’un canular ou une tentative d’accentuer le retentissement de l’affaire. La lettre serait alors l’œuvre d’un journaliste du Star, nommé Bert, qui souhaitait rendre ses articles plus « croustillants » en donnant un nom au tueur.
Le pseudonyme Jack the Ripper est resté du fait que Scotland Yard
reproduisit cette lettre dans les journaux, espérant que quelqu’un
reconnaîtrait l’écriture et permettrait ainsi d’identifier l’assassin.
Transcription de la lettre en français :
"Cher
Patron, J'ai entendu dire que la police cherchait à
m'attraper mais ils ne l'ont pas encore fait. J'ai rigolé
lorsque, se croyant intelligent, ils ont cru être sur la
bonne piste. Cette blague sur Tablier de
Cuir m'a fait piquer une crise. Je suis sur le dos des putains et je
m'arrêterais pas d'éventrer jusqu'à ce que vous
m'ayez bouclé. Le dernier boulot était un grand
travail. Je n'ai pas laissé le temps à la dame le temps
de couiner. Comment pourraient-ils m'attraper maintenant. J'adore mon
travail et je veux recommencer. Vous entendrez bientôt de
nouveau parler de moi et de mes amusants petits jeux. J'ai
gardé un peu de cette matière rouge de mon dernier
travail dans une bouteille de bière amère pour vous
écrire mais c'est devenu une sorte de glue épaisse et
je ne peux pas l'utiliser. L'encre rouge vous conviendra
j'espère ha ha . Le prochain boulot,
je couperais les oreilles de la dame et je les enverrais aux chefs de
la police juste pour rigoler un peu. Gardez cette lettre
jusqu'à ce que j'ai fait un peu plus de travail, ensuite vous
pourrez l'utiliser comme il faut. Mon beau couteau est si
affûté que je veux me mettre au travail de suite
dès que j'aurai cette chance. Bonne Chance. Sincèrement vôtre
Jack l'Éventreur Ne vous
souciez pas de mon nom de "métier" PS : Je
n'ai pas pu poster ceci avant que de m'être
débarrassé les mains de cette encre rouge. Pas de
chance donc. Ils me disent docteur à présent.
ha
ha"
Dear Boss une des lettres attribuées à Jack l'Éventreur à l'origine de son surnom.
L'inscription de Goulston Street :
Après le double crime du 30 septembre,
la police inspecta les lieux à la recherche d'indices ou de témoins.
Vers 3 heures du matin, un inspecteur nommé Alfred Long découvrit un
morceau de tablier taché de sang dans Goulston Street, à environ dix
minutes à pied du lieu où Catherine Eddowes avait été assassinée.
Cherchant d'autres indices, Long découvrit alors une inscription sur un
mur près du morceau de tablier. Le texte en était : « The Juwes are the
men That Will not be Blamed for nothing » (« Les juifs ne seront pas
accusés pour rien » le mot "juifs" étant mal orthographié). On supposa
que l'inscription était récente, car dans le cas contraire, une des
nombreuses personnes vivant dans les appartements voisins l'aurait
effacée. Afin de ne pas éveiller de mouvements antisémites, l’inscription fut immédiatement notée puis effacée.
L'inscription trouvée sur le mur de Goulston Street (reproduction).
Saucy Jack :
La lettre Saucy Jack fut postée le 1er octobre 1888, un jour après le double meurtre et attribuée à Jack l'Éventreur.
Elle fait
directement référence à la fois à la lettre "Dear Boss" et les meurtres de la nuit précédente. Ceux qui
la croient authentique affirment que l'ablation des oreilles
d'Eddowes (elle ne furent pas enlevées mais envoyées
à la police) et le fait que la carte postale mentionne le
double évènement avant que la presse s'en
empare atteste de son authenticité. D'autres croient qu'un
plaisantin aurait pu glâner des détails à la fois
dans la lettre précédente et les meurtres dans un des
premiers canards, tôt le matin du 1er octobre.
Transcription de la lettre en français :
"Je ne
rigolais pas mon cher vieux Boss quand je vous ai parlé du
détail, vous entendrez parler du travail de Jack le sanglant
demain où je ferai une double action cette fois en premier je
n'ai pas pu finir ha ha et envoyer les oreilles à la police.
merci de conserver cette lettre jusqu'à ce que je recommence
mon travail. Jack
l'éventreur"
Saucy Jack.
From Hell :
Accompagnée d'une moitié de rein humain, elle fut délivrée à George Lusk, président d'un important comité de vigilance civile de Whitechapel, le 16 octobre. Donald Rumbelow, ancien enquêteur et expert éventrologue, pense dur comme fer que la lettre est bien du tueur de Whitechapel.
Transcription de la lettre en français :
"Monsieur, je vous envoie une moitié du rein que j'ai pris à une femme
que j'ai gardée pour vous l'autre, je l'ai frite et mangée c'était très
bon. Je pourrais vous envoyer le couteau ensanglanté qui l'a pris si
seulement vous attendez encore un peu. Signé Attrapez-moi quand vous
pouvez monsieur Lusk."
Suspects :
Au moment de l'affaire :
Francis J. Tumblety, charlatan américain, arrêté à Londres en
novembre 1888, puis libéré sous caution, enfui en France dès janvier
1889, puis aux États-Unis où Scotland Yard le fait surveiller par la
police new-yorkaise.
George Chapman, barbier polonais exerçant à Whitechapel, pendu en
1903 pour avoir empoisonné trois femmes, suspect favori de l'inspecteur
Abberline.
George Hutchinson, proche de la dernière victime, Mary Jane Kelly, arrêté puis relâché pour absence de preuves.
Aaron Kosminski, barbier polonais exerçant à Whitechapel, interné
pour démence peu après les crimes, suspecté semble-t-il par Robert
Anderson, dans son ouvrage publié en 1910, où il évoque un Juif
polonais. Cette théorie ne vaut que si l'on s'en tient aux annotations
manuscrites à la marge retrouvées en 1988 sur l'exemplaire de
l'inspecteur Swanson, qui désignent un certain Kosminski.
M. John Druitt, avocat, retrouvé noyé dans la Tamise en décembre
1888, suspect favori de MacNaghten, qui entre dans la police juste après
les faits.
Michael Ostrog, chirurgien russe, escroc notoire, plusieurs fois interné pour démence, suspecté par Scotland Yard, mais introuvable à l'époque de l'enquête.
William Henry Bury
Thomas Neill Cream
Thomas Hayne Cutbush
Frederick Bailey Deeming
Carl Ferdinand Feigenbaum
Robert Donston Stephenson
Postérieurement à l'affaire :
Le prince Albert Victor, duc de Clarence, petit-fils de la reine Victoria, qui aurait fréquenté des prostituées à Whitechapel.
Le chirurgien de la reine, Sir William Gull, qui aurait assassiné lesdites prostituées pour protéger la réputation de la famille royale.
James Maybrick,
négociant de Liverpool, dont on aurait retrouvé le journal intime en
1991 dans lequel il révèlerait être Jack l'Éventreur. Thèse défendue par
Shirley Harrison.
Walter Sickert, peintre célèbre, désigné par les romancières Jean Overton Fuller et Patricia Cornwell.
John McCarthy,
propriétaire foncier dans Dorset Street, logeur de la dernière victime
Mary Kelly, et de plusieurs prostituées de Whitechapel, désigné dans Retour à Whitechapel de l'universitaire français Michel Moatti, ainsi que par l'agent littéraire canadienne Helen Heller.
Le portrait robot :
En novembre 2006, Scotland Yard reconstitue un portrait robot de Jack l’éventreur.
Laura Richards, responsable des analyses
au service des Crimes violents de Scotland Yard,
et John Grieve, de la Metropolitan Police (police
municipale de Londres), ont utilisés les
techniques modernes de la police scientifique pour
résoudre ce crime vieux de plus d'un siècle.
A leurs côtés, un bataillon d'experts, "profileurs",
psychologues, criminologues et historiens ont analysé
les déclarations de treize témoins oculaires de
l'époque.
Parmi ces derniers, James Brown, un docker qui a
vu Elizabeth Stride repousser les avances d'un homme
d'environ 1,70 m, râblé et portant un long manteau.
Brown a identifié plus tard le corps mutilé de la
femme. Plusieurs témoignages décrivent
clairement des personnes différentes mais
beaucoup concordent et dessinent un profil du personnage.
En recoupant ces déclarations avec d'autres indices
récoltés par la police de l'époque, l'équipe actuelle
estime avoir dressé le portrait du "premier
tueur en série britannique". Résultats de cette
nouvelle enquête : Jack était un homme dont l'âge
oscillait entre 25 et 35 ans et dont la taille était
comprise entre 1,67 m et 1,73 m, d'allure classique,
vivant certainement dans le quartier de Whitechapel.
Portrait robot réalisé par Scotland Yard en 2006.
L'ADN pointe du doigt Aaron Kosminski :
L'enquêteur amateur, Russell Edwards, aidé par l'expert en analyses génétiques Jari Louhelainen, a mené une enquête de sept ans, digne d’un véritable polar. Les résultats sont annoncés en septembre 2014 peu avant la sorti de l'ouvrage de M. Edwards (Naming Jack the Ripper)et permettent de mettre en lumière un "coupable" trahi par son ADN...
"Tout commence en mars 2007. Russel Edwards apprend l’existence d’un
châle maculé de sang qui aurait appartenu à Catherine Eddowes, l’une des
victimes avérées du célèbre tueur, lors d’une vente aux enchères.
L’homme prend contact avec le propriétaire du tissu, qui lui assure être
le descendant de l’un des policiers de l’époque. Le châle, trouvé sur
la scène de crime, aurait été transmis de génération en génération sans
jamais être lavé.
La plupart des experts doutent de la provenance du châle. Pas Russel
Edwards, intrigué par de mystérieuses marguerites de la fête de
Saint-Michel, imprimées sur l’objet. La fête chrétienne est célébrée le
8 novembre chez les orthodoxes et le 29 septembre chez les autres
chrétiens… Des dates qui coïncident avec les jours des meurtres de Mary
Jane Kelly, et d’Elizabeth Stride et Catherine Eddowes. Autre constat
fait par l’enquêteur amateur: la victime était trop pauvre pour pouvoir
s’acheter un tel objet. Le morceau d’étoffe serait donc être un indice
laissé par Jack l’Eventreur pour renseigner sur son prochain meurtre.
Russel Edwards se renseigne alors sur l’un des six principaux
suspects de l’affaire, Aaron Kosminski. Un juif polonais, devenu
barbier-coiffeur à Whitechapel, après avoir fui les pogroms russes dans
les années 1880. Un responsable du Musée du crime de Scotland Yard, Alan
Mc Cormack, confie à Edwards que la police n’a jamais eu suffisamment
de preuves pour arrêter Aaron Kosminski, qui a fini sa vie dans un asile
psychiatrique.
A l’aide d’une caméra infrarouge, Edwards et son compère Jari
Louhelainen découvrent des traces de sperme sur le châle, ainsi que des
cellules de rein appartenant vraisemblablement à Catherine Eddowes. Des
descendants de la victime et du suspect acceptent de se prêter aux tests
ADN. Les résultats sont positifs: Aaron Kosminski est Jack l'éventreur!
«Après 126 ans, j’ai résolu le mystère», annonce fièrement
l’enquêteur. D’autres experts doutent toutefois de la viabilité de cette
authentification, estimant que le châle a été touché par un trop grand
nombre de personnes. Le mystère de Jack l’Eventreur n’est donc pas
(totalement) résolu." (Source : Jack l'Eventreur identifié grâce à des tests ADN, 8 septembre 2014, 20minutes.fr)
Portrait d'Aaron Kosminski.
Russell Edwards portant le châle qu'il a acheté en 2007. ((c) Daily Mail).
Mary Jane Kelly/Elisabeth Weston Davies et Francis Spurzheim Craig : C'est en 2011 que Wynne Weston-Davies se met sur les traces d'une grande tante disparue à la fin des années 1880. Les archives familiales ne lui laissent pas de trace, si ce n'est qu'on pensait qu'elle était domestique dans une famille de Londres.
Il trouve aux Archives Nationales des papiers de divorce qui le mettent sur la trace de Jack l'Eventreur.
Il assure par la suite qu'Elizabeth Weston Davis, sa tante, n'est autre que Mary Jane Kelly, la dernière victime du tueur. Prouvant ses dires par l'ADN, il affirme par la suite que Jack l'Eventreur est Francis Spurzheim Craig, le mari d'Elizabeth.
Le suspect de Weston-Davis habitait à l'époque à 7 minutes du lieu du meurtre de Mary Ann Nichols, la première victime de l'Eventreur.
Journaliste couvrant les faits-divers et la justice dans l’East End, son
métier pouvait lui permettre de connaître les méthodes policières. Francis Craig s'est par ailleurs suicidé, se tranchant la gorge avec une lame, méthode utilisée par Jack l'Eventreur pour assassiner ses victimes.
The scene at the inquest on Annie Chapman. Circled is the reporter believed to be Francis Craig
Roland Marx, 1888, Jack l'Éventreur et les fantasmes victoriens, Complexe, 2007.
Philippe R.Welté, Jack l'Éventreur le secret de Mary Jane K., Éditions ALBAN, 2006.
Stéphane Bourgoin, Le Livre rouge de Jack l'Éventreur, Éditions Grasset, 1998.
André-François Ruaud et Julien Bétan, Les Nombreuses morts de Jack l'Éventreur, Les moutons électriques, coll. Bibliothèque rouge, 2008.
Didier Chauvet Mary Jane Kelly : la dernière victime, éditions L'Harmattan, 2002.
P. Begg, M. Fido & K. Skinner, The Jack The Ripper A-Z, Headline Books, London, 1991.
Patricia Cornwell Jack l'Éventreur : affaire classée - Portrait d'un tueur, éditions 2 Terres, 2003.
Sophie Herfort, Jack l'Éventreur démasqué (enquête), éditions Tallandier, 2007.
Robin Odell, Ripperology: a study of the world's first serial killer and a literary phenomenon, Kent State University Press, 2006.
Donald Rumbelow, The complete Jack the Ripper, Éditions Penguin, 1975, 1987, 1988, 2004.
Philip Sugden, The complete history of Jack the Ripper, Éditions Robinson, 1994, 1995, 2002.
Jean Overton Fuller, Sickert
and the Ripper crimes: An investigation into the relationship between
the Whitechapel murders of 1888 and the English tonal painter Walter
Richard Sickert, Mandrake, 1990.
Paul Roland et Christophe Rosson, Jack l'éventreur : Le premier sérial killer, Éditions Encore, 2012.
Les fantômes de Trianon ou fantômes de Versailles désigne une expérience vécue en 1901 dans les jardins du Petit Trianon par deux Anglaises qui la considérèrent comme paranormale.
Nous sommes le 10 août 1901 dans l’après-midi. Annie Moberly principale du collège de St. Hugh’s Hall, troisième collège féminin de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) et Eleanor Jourdain vice-principale du même collège visitent le château de Versailles puis le parc.
Alors qu’elles dépassent le Grand Trianon et cherchent à gagner le Petit Trianon, elles aperçoivent sur le seuil d’une porte une femme qui secoue une nappe blanche. A côté une charrue et d’autres outils semblent abandonnés1. Plus loin, deux hommes coiffés de tricornes et vêtus de longs manteaux vert-de-gris, bêches à la main, se tiennent près d’une brouette2 : des jardiniers pensent-elles. Les deux misses leur demandent leur chemin : ils leur répondent de continuer tout droit.Le temps est couvert et orageux. L’atmosphère se fait pesante. Les deux visiteuses ressentent une impression grandissante d’inquiétude mais aucune ne fait part de son sentiment à l’autre. Le paysage devient irréel semblable à une tapisserie.Un homme assis sur les marches d’un petit kiosque tourne la tête à l’approche des deux dames : son visage est vérolé, sinistre et repoussant3. C’est alors qu’un autre homme, cheveux bouclés sous un chapeau à larges bords et enveloppé dans une cape noire arrive en courant et leur dit : 'Mesdames, il ne faut pas passer par ici mais par là, il faut tourner à droite. Cherchez la maison'4. Les visiteuses arrivent près d’une petite maison aux volets clos : sur la pelouse une dame semble lire ou dessiner. Ses cheveux sont blonds et elle est coiffée d’un chapeau de paille blanc. Elle est vêtue d’une robe drapée et un fichu vert tombe sur ses épaules5. Les deux femmes poursuivent leur chemin et arrivent à la hauteur de la maison suivante. Une porte s'ouvre, en sort un jeune homme qui leur donne l’impression d’être un serviteur6. Elles veulent s’excuser, pensant être sur une propriété privée, mais l’homme les mène jusqu’au Trianon proche où elles sont brusquement environnées par une noce.Mais l’histoire ne s’arrête pas là : miss Jourdain retournera seule à deux reprises sur les lieux. Le 2 janvier 1902, elle voit deux hommes vêtus de tuniques qui remplissent une charrette de fagots. Elle entend aussi des voix de femmes alors que retentit une étrange musique7.
Quelques jours plus tard, Mlle Moberly, toujours en proie à l’impression d’angoisse et d’irréalité de Versailles, en fait part à Mlle Jourdain en lui demandant si elle n’a pas l’impression que les lieux sont, en quelque sorte, « hantés ». Eleanor confirme son impression de malaise lors de la visite. Elles s’interrogent alors sur la cape portée bizarrement par l’homme aux cheveux bouclés en ce jour de grande chaleur ; son attitude, son air amusé leur semblent maintenant étranges et non-naturels. Mais c’est seulement en novembre, lorsque Eleanor Jourdain se rend à Oxford où Annie a depuis trois mois repris ses fonctions de directrice, qu’elles discutent plus longuement de leur expérience. Le fait que seule Eleanor ait vu la femme et la petite fille et que seule Annie ait vu la dessinatrice les trouble. Mlle Moberly, justement, a vu un portrait de Marie Antoinette par Wertmüller ; la reine lui a paru étrangement ressemblante, pour le visage et les vêtements, à la femme de la pelouse. Elle se renseigne auprès d’une Française qui confirme que des rumeurs courent depuis longtemps sur la présence du fantôme de Marie-Antoinette à Versailles.
Elles retournent à Versailles en 1902. Les lieux leur semblent différents ; elles apprennent que Marie-Antoinette se trouvait au Petit Trianon le 5 octobre 1789 lorsqu’on lui annonça la marche du peuple vers Versailles. Le 2 janvier, elles ont encore des perceptions étranges, dont celle d’une musique qu’elles essaient de se remémorer pour la faire identifier. On leur assure qu’il s’agit d’un style des années 1780. Elles visitent encore une fois la zone du Petit Trianon en 1904. Au cours de leurs recherches, elles pensent se rappeler la présence d’une charrue qui n’existait pas en 1901, de même qu’un pont qu’elles avaient franchi et qui a disparu ; elles découvrent que les « jardiniers » portaient un costume similaire à celui des gardes suisses de la reine et que la porte d’où est sorti le serviteur est condamnée depuis longtemps ; elles identifient l’homme au visage vérolé comme étant le comte de Vaudreuil.
Petit complément : Des analogies troublantes. Des recherches menées sur l’aventure des deux anglaises montrent les points suivants :
- 1Il n’y avait pas de charrue à Trianon en 1901
- 2Les gardes du XIIIe siècle portaient bien des tenues vertes, ce n’étaient donc pas des jardiniers !
- 3L’homme au visage vérolé serait le comte de Vaudreuil.
- 4L’homme qui courait et parlait de la 'maison' : or la reine Marie-Antoinette (1755-1793) appelait le Petit Trianon sa 'maison de Trianon'.
- 5La dame assise sur la pelouse évoque le portrait de Marie-Antoinette peinte en 1788 par Aldolf Ulrik Wertmüller.
- 6La porte de la chapelle par laquelle sortit le jeune homme n’avait pas été ouverte depuis 1892.
- 7La musique entendue par Eleanor Jourdain en 1902 serait caractéristique des partitions composées en 1780.
¤ Le tournoi au Moyen Age est une pratique sociale très importante. Il est une forme de combat codifié, mais violent et dangereux apparu vers la fin du XIe siècle et qui atteint son apogée vers 1200 dans la France du Nord. Le mot même de « tournoi » apparaît en 1157 sous la plume d’Otton de Freising (évêque, historien, oncle de Barberousse ayant écrit des chroniques).
¤ Cette pratique s’exprime à travers le texte étudié qui provient de l’Histoire de Guillaume le Maréchal. Ce texte est la biographie du « meilleur
chevalier au monde » (Duby), Guillaume le Maréchal (1146-1219), rédigée à la demande et par les finances de son fils, également nommé Guillaume, juste avant la mort du grand chevalier. Cette biographie fut rédigée par un trouvère nommé Jean, entre 1220 et 1226, en vers anglo-normands. Les informations proviennent surtout du fidèle écuyer du Maréchal, Jean de Erlay.
¤ Guillaume le Maréchal, Comte de Pembroke et de Striguil était fils de Jean le Maréchal, sénéchal d’Angleterre. Exemple parfait du chevalier, il est responsable de l’éducation d’Henri le Jeune (1155 – 1183), roi d’Angleterre. Sa réputation de chevalier exemplaire lui vaut d’exercer, en 1216, la régence du royaume d’Angleterre pendant la minorité d’Henri III (1207 – 1272).
Il participe ensuite à la résistance face aux entreprises de Louis VIII de France, ce qui le fit passer pour le modèle du patriote anglais. Ainsi ce texte constitue le portrait idéal du chevalier loyal et courageux avec plus de deux mille cinq cents vers consacrés à seize rencontres mémorables, échelonnées de 1173 à 1183.
¤ Que nous apprend l’Histoire de Guillaume le Maréchal à propos des tournois, et donc de l’idéologie et de la pratique chevaleresque au début du XIIIe siècle ?
¤ Nous allons donc dans un premier temps définir ce qu’est un tournois avant de voir quels en sont les modalités et le déroulement. Enfin nous aborderons les différents rôles qu’ont les tournois vis-à-vis des chevaliers et de la chevalerie en général. Notons qu’aidé par la biographie d’un chevalier, nous retrouveront des exemples où celui-ci s’est illustré, tout au long de l’explication.
I - Le sens du tournoi.
A / Définition du tournoi.
¤ Les tournois sont une part de l’apprentissage du combat. Ce sont des exercices militaires qui se déroulent dans une lice, entourée de spectateurs. C’est un véritable combat équestre à armes réelles. Il s’agit de batailles fictives et réglées qui mettaient aux prises des jouteurs professionnels. Du XIIe au milieu du XIVe siècle, les tournois désignent en effet une bataille opposant deux troupes de plusieurs dizaines de combattants à cheval.
¤ Il ne s’agit en aucun cas d’un spectacle courtois mais d’une pratique collective où les chevaliers s’occupent à se désarçonner à la lance ou à la masse, afin de capturer et rançonner chevaux et cavaliers. Le tournoi, à cette époque, se solde alors par des morts et des blessés.
¤ Malgré une condamnation de l’Eglise, ils continuent d’avoir la faveur de l’aristocratie et celle du peuple, pour qui ils constituent une fête. Ces batailles transposaient et théâtralisaient les rivalités féodales mais aussi perpétuaient d’une certaine manière le souvenir d’anciens conflits.
B / Moment et lieu où ils sont organisés. ¤ L'auteur nous informe que la fréquence des tournois est d'environ un par quinzaine. Dans toutes les provinces, les rois et princes souverains, aux jours de fêtes et réjouissances ou quand ils étaient obligés de tenir cour plénières, ils avaient coutume de dresser des tournois où les chevaliers combattaient les uns contres les autres.
¤ Les joutes se déroulaient principalement dans un espace allant de la Normandie occidentale à la champagne et à la Flandres, le Nord de la France accueille alors le plus de tournois.
¤ Les tournois se déroulent à proximité d'un lieu donnant aux chevaliers la possibilité de mettre un pied à terre afin de se restaurer, de se divertir et d'attendre l'arrivée des autres chevaliers. Généralement le lieu est choisit auprès d'une grande ville qui avait une rivière et une forêt dans le voisinage.
¤ Le lieu même où se déroulaient les combats comportait un vaste emplacement destiné à la lice, entouré de gradins élevés, d'amphithéâtres circulaires, de portiques… Ils étaient ornés de riches draperies et d'écussons. Ils se déroulaient alors surtout dans les cours des châteaux ou dans des lices aménagées à cette fin, hors de la ville.
¤ On ne se limite pas l’action en un champ clos mais on utilise toutes les ressources d’un site en plein air, au pied d’un château ou à l’extérieur des remparts d’une ville. Généralement cela se présente souvent comme le lieu d’une troupe « de l’intérieur » et une troupe de l’ « extérieur ».
C / Les acteurs du tournoi.
¤ Les comtes et barons viennent aux tournois avec leurs chevaliers afin de s'affronter et prouver leur valeur. Ils couraient ces tournois et participaient au prestige de ceux-ci. Ainsi, au tournoi de Lagni sur Marne, l'auteur accentue sur le fait qu'il y ait « le jeune roi », « dix-neuf comtes et le duc de Bourgogne » et il parle de ce tournoi comme d' « un tournoi tel qu'on en vit jamais » , ce qui n'est pas anodin. De plus, l'auteur parle de « la plaine [qui] disparaissait sous les combattants » et d' « un tournoi […] très bon, même avant que le roi et le comte y eussent pris part » , ce qui marque une exagération de la part de celui-ci pour mettre en avant l'importance de ce tournoi et des gens qui s'y trouvaient. La présence à Lagni de dix-neuf comtes et du duc de Bourgogne est mentionné avant celle des trois milles chevaliers. Si à l’intérieur des lices, le plus humble des chevaliers peut l’emporter, il y a tout de même certaines limites dans la mesure où la renommée ne dépend pas que des exploits accomplis mais aussi de la qualité sociale des jouteurs.
Par ailleurs, certains ducs et comtes (sires de Blois et de Boulogne par exemples) encourageaient ces compétitions dans le but de s’attirer l’estime de la fine fleur de la chevalerie.
¤ Le roi, Henri le Jeune, fils d’Henri II Plantagenêt, lui-même y allait, accompagné de sa mesnie qui avait un très grand prestige. Elle comportait environ quatre-vingt chevaliers au tournoi de Lagni mais il en avait bien plus à sa charge (près de deux cent). Ceux-ci recevaient une prime de 80 sous par jour.
¤ Les tournois étaient universels dans l'Europe du début du XIIIe. Les gens venaient de toutes parts de l'Occident pour combattre et ainsi étendre leur prestige sur tout le territoire occidental.
L'auteur parle des différents groupes et acteurs présents au tournoi de Lagni, ce qui nous permet de remarquer la variété des régions de l'Occident représentées. Il précise d'ailleurs qu'ils les nomment par rapport à des témoins oculaires pour légitimer ses dires. Ainsi, par exemple pour le tournoi de Lagni, il parle des Français qui prennent la première place dans son énumération grâce à leur grande valeur et l'honneur acquis par leur pays. Puis il parle des Flamands et des Anglais dont le premier d'entre eux et sur qui il met l'accent est Guillaume le Maréchal dont le prestige le place premier dans cette énumération. Il poursuit ensuite avec les Normands qui durant le règne du jeune roi Henri ont acquis un grand prestige (« Ils étaient grains alors, et maintenant ils sont paille » (l.48)). Il termine son énumération avec des groupes moins prestigieux. On remarque dans cette énumération un ordre hiérarchique bien déterminé : les plus prestigieux, ceux qui acquièrent de plus en plus de prestige et les moins prestigieux.
II - Déroulement d'un tournoi.
A / Organisation des tournois.
¤ Les tournois étaient souvent organisés lors de cérémonies notamment. Le tournoi est donc festif : « On se mit à danser au son d'une chanson que chanta le Maréchal ». La fête est d'ailleurs organisée aux alentours du tournoi.
¤ Des hérauts se chargeaient de faire la publicité des tournois. Cela avait un certain succès puisqu’au tournoi de Lagni par exemple en 1183 rassembla près de trois milles chevaliers. Pour ce faire, les hérauts allaient crier et afficher des bannières, et formaient des sortes d’équipes (comme les Champenois, les Français ou les Normands) afin d’amener ces gens au tournoi. Guillaume le Maréchal fut d’ailleurs celui qui redora l’équipe d’Angleterre.
¤ Généralement il y a des escarmouches (plaidisses ou commençailles) qui commencent un tournoi mais il arrive que l'on commence directement les combats comme au tournoi d'Epernon. Cela se passait juste avant le choc frontal entre les deux troupes.
¤ Au sein de la mêlée confuse, les lances se brisent, les meilleurs émergent et la valeur sort victorieuse : « Chacun frappe le plus qu’il peut. Chacun veut montrer comme il est preux ». La prouesse se mesure d’ailleurs par nombre de prises opérées.
¤ Parfois, le tournoi fini, il était possible à un vaincu de requérir un nouveau combat le jour même ou un autre jour. C'est ce que fit Matthieu de Wallincourt au tournoi d'Eu qui demanda à rencontrer une seconde fois Guillaume le Maréchal.
B / Deux groupes face à face.
¤ Dans les tournois il y a des confrontations entre certains groupes qui se sont formés afin de d'avoir une entité supérieure en force. Ainsi, au tournoi entre Anet et Sorel, les Français regroupés étaient les plus forts avant que n'arrivent les chevaliers du roi Henri, menés par Guillaume le Maréchal.
¤ A cette époque, vu la situation politique, les Normands et les Anglais faisaient face à la coalition entre les Français, les Champenois et les Bourguignons.
¤ Dans les faits, des troupes de chevaliers s’opposaient en une mêlée confuse. On peut noter que la littérature arthurienne semble en avance sur ce point par rapport à la réalité car celle-ci parle dès la fin du XIIe siècle de combats singuliers, ce qui n’était pas le cas.
Ces combats collectifs étaient faits de charges et d’embuscades destinées à isoler certains groupes d’individus, si possible bien nés ou prestigieux, afin de les capturer pour obtenir une rançon ou bien de les désarçonner pour s’emparer de leur cheval. Le but était d’accumuler du butin et d’accroître sa gloire et non pas tuer l’adversaire, même si les accidents n’étaient pas rares.
¤ Le parti totalement rompu et défait, abandonnait le camp et s'enfuyait dans la forêt et les vainqueurs se ralliaient à leur enseigne.
C / Gains et dettes.
¤ Les combattants viennent aux tournois attirés par les prix qu'ils peuvent en retirer.
Le tournoi est en effet un moyen d'étendre ses richesses par ses gains de combats. Les gains peuvent être pécuniaires ou en natures (montures, armures…).
La présence de mercenaires nous suggère d’ailleurs que la recherche de prouesse n’était pas désintéressée. Les jouteurs étaient en effet côtés selon leur valeur, entretenus et pensionnés comme de véritables professionnels de l’exploit.
¤ En fin de journée, ceux qui avaient gagnés remportèrent leurs gains et ceux qui avaient perdus « cherchèrent des cautions ou donnèrent des gages ».
III - Démonstration des valeurs chevaleresque à travers l’exemple de Guillaume le Maréchal, le « meilleur chevalier du monde » (Duby).
A / Rôle de divertissement.¤ Le Roi, Henri le Jeune était peu regardant quant aux dépenses des tournois car cela est pour lui source de divertissement. Il y venait et y participait avec ses chevaliers.
Le roi use également de ces tournois où il se rend très souvent afin d'acquérir de l'honneur et des gains. Ces organisations de tournois et la participation du roi contribuent en effet à son image, ce que l'on remarque par ailleurs dans la dernière ligne du texte à travers la vision de l'auteur : « En lui s'unissaient toutes les qualités qui forment sa gentillesse » (l.70).
¤ Le combat était une « raison sociale » de la caste chevaleresque, une source de profit et un remède radical contre l’ennui engendré par la monotonie de la vie castrale.
Ce jeu de guerre répond en effet à plusieurs nécessités politiques et économiques. Il est un « exécutoire », un « champ de défoulement » pour les bellatores que les chefs de principautés et les rois commencent à vouloir discipliner.
¤ Les fêtes qui s'y déroulaient étaient organisées notamment avec des ménestrels. Cela est une autre forme de divertissement apporté par le tournoi. On y danse, chante et fait des rondes.
Ils étaient alors établis pour donner divertissement et comme noble assemblé où la vertu était comme épurée.
B / Démonstration de pouvoir et de l'idéologie chevaleresque.
¤ Guillaume le Maréchal est un combattant et un chevalier prodigieux. Lors du tournoi près de Dreux, il affronta les Français avec la mesnie du roi. Certains français s'étant réfugiés dans une motte en attachant leurs chevaux au hérisson, Guillaume le Maréchal monta la motte et prit deux chevaux qu'il fit descendre puis les remonta, ce qui fut vu comme une grande prouesse.
Guillaume le Maréchal se battu également par exemple contre Matthieu de Wallincourt au tournoi de Eu en Normandie et gagna, il remporta ainsi sa monture deux fois de suite dans la même journée.
Dernier exemple, où il prouva une fois de plus sa bravoure, à Epernon, il attaqua avec un compagnon un groupe de Bourguignons. Ces derniers s'acharnèrent sur lui mais il résista avec vaillance, sérénité et courage jusqu'à ce qu'une troupe de Normands viennent à leur aide.
¤ Les tournois sont un moyen pour le roi et autres nobles de démontrer leur puissance et leur supériorité face aux princes et autres nobles. En effet, le baron de Nevers par exemple arriva accompagné de près de milles chevaliers avec un équipement flambant neuf.
Les tournois constituent l’essentiel de la vie militaire et le moyen le plus sur pour acquérir une renommée et une fortune. Cela fait également parti du propre du noble, à aspirer à autre chose et d’éprouver une tension « entre la vie qu’il mène et celle qu’il souhaiterait mener ». Cela est moins par soif de richesse ou de pouvoir que par peur de tomber dans la médiocrité.
¤ Par la sévérité et la droiture qui se déroulaient lors des tournois, les princes et les rois forçaient la noblesse à remplir ses devoirs et suivre la vertu par l'appréhension du déshonneur qu'elle recevait en public. Ainsi, par le désir que les gentilshommes avaient d'être reçus au rang de combattants les rendaient honnêtes gens, part indispensable de l'idéologie chevaleresque.
¤ La courtoisie et la générosité des chevaliers faisaient aimer et pardonner leur gloire. Ecole de violence, de ruse et de convoitise, le tournoi contribue moraliser les combattants. Il leur enseigne le respect de l’adversaire. Ainsi ceux qui avaient vaincus se consolaient de leurs disgrâces passagères, mais encore devenaient les fidèles amis et les compagnons de leurs adversaires.
Guillaume le Maréchal fut un de ces Hommes de bonté, sachant récompenser. En effet, à un jeune chevalier qui chanta une chanson en son nom ; il partit affronter des chevaliers arrivant sur le lieu du tournoi, il remporta alors une monture dont il fit don à ce jeune héraut. Cela démontre son esprit chevaleresque, il est un exemple de ce que doit être au chevalier au XIIIe siècle.
C / Ascensions sociale ou comment devenir chevalier.
¤ Dès le plus jeune âge les jeunes gens appelés à devenir chevalier sont livrés à des exercices d’équitation, des jeux de lutte ou d’escrime. Ils peuvent ensuite vers l’âge de dix ans, être totalement coupés de leur famille et placés auprès d’un seigneur. Ainsi en est-il pour Guillaume le Maréchal que son père envoie en Normandie, auprès du chambellan du roi d’Angleterre, Guillaume de Tancarville. Dès lors, étant confiés pour être élevés dans l’art de la guerre, des exercices physiques leurs sont imposés, tantôt sous forme de divertissement, tantôt sous forme de concours.
¤ Le plus important de l’instruction militaire est alors d’acquérir de l’expérience en suivant un chevalier dans des expéditions guerrières. Ainsi, Guillaume le Maréchal reste huit ans dans cet état préparatoire avant d’avoir à vingt ans l’adoubement qui le fait entrer dans les spécialistes du combat à cheval.
¤ Les plus grands chevaliers viennent aux tournois (comme à celui entre Anet entre Sorel, vers Dreux) afin d'accroître leurs prix donc leurs gains. Cela est l'un des facteurs qui attirent autant de chevaliers aux tournois.
¤ On apercevait aux tournois de jeunes sires espérant y mourir ou y trouver la gloire à défaut du bonheur. Les tournois étaient en effet l’occasion de faire prospérer la chevalerie en procédant à des séries d’adoubement.
C’est un moyen d’existence pour un grand nombre de jeunes gens sans espoir d’héritage. C’est d’ailleurs dans les horreurs de la guerre que les chevaliers acquièrent leur valeur « car nul homme n’a le moindre prix avant d’avoir pris et donné bien des coups ».
¤ Le prestige social acquit était alors convertible en divers capital social (moyens de domination). En effet, à travers la capture de chevaux et de rançon c’est un capital plus symbolique que matériel qui est accumulé. Ce qui est visé par les chevaliers n’est alors pas un prix (médaille, coupe…) mais son propre prix, sa valeur sociale. Le tournoi est en effet essentiellement par des jeunes (juvenes), c'est-à-dire des chevaliers non mariés, non pourvus de terres, souvent cadets de familles (comme Guillaume le Maréchal ou Henri le Jeune, surnommé ainsi de part cette situation) pour qui le tournoi, par les gains matériels et le prestige, s’avérait être un moyen de pénétrer dans l’aristocratie. On passait alors de la jeunesse à l’âge adulte, l’âge d’exercice du pouvoir.
¤ Les chevaliers sont rejoints par des dames et demoiselles. Le mariage peut en effet faire parti des gains et dès lors participer à une ascension sociale (hypergamie). Cela permet par ailleurs la conversion du capital symbolique en capital social. Guillaume le Maréchal parvint ainsi à devenir comte de Pembroke par sa femme. Le mariage est donc une sorte de rite de passage pour ceux qui voulait gagner du pouvoir, en même temps qu’une instrumentalisation du mariage, ce qui est donc condamné par l’Eglise.
¤ Selon le prestige des comtes et des barons, certains chevaliers choisissent de se mettre à leur service dans le cadre des tournois. Cela était également du à l'idéologie chevaleresque qui faisait aimer la gloire de certains. L'association de chevaliers était fréquent et permettait un amas de gain plus important et donc plus de prestige.
Le prestige de Guillaume le Maréchal était tel, que Roger de Gaugi, qui faisait partie des la mesnie du roi, voulu être son compagnon. Il le devint de par ses actes de chevalerie. Ainsi tout deux combattirent ensembles et gagnèrent « plus de gain que six ou huit des autres ».
CONCLUSION.
¤ Un chevalier inaugure sa carrière militaire au sortir de l’enfance et la nourrie de diverses expériences, de diverses chevauchées ou de tournois fameux, ce qui se racontent avec bien des détails dans les biographies chevaleresques.
¤ Destinés à accroître la cohésion des groupes par l’exercice commun, le compagnonnage guerrier et les plaisirs partagés ; les tournois ont largement contribués à créer la mentalité chevaleresque et à élaborer une éthique propre à la chevalerie : culte du courage et de l’exploit, respect de l’homme désarmé et à terre, respect de la parole donnée et soucis de la renommée.
¤ Les récits de tournois affichent les valeurs et l’idéologie chevaleresque mais cela, afin de mieux en révéler la fragilité en raison d’un décalage qui commence à s’opérer au XIIIe entre la représentation des chevaliers et l’évolution sociale.
BIBLIOGRAPHIE.
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