Libraria est un site consacré à l’histoire des bibliothèques anciennes, du haut Moyen Âge aux collections de l’époque moderne. Il est financé par l’ANR dans le cadre du projetBiblifram (« Les bibliothèques, matrices et représentations des identités de la France médiévale ») qui associe l’IRHT, le Département des manuscrits de la BNF, le CIHAM de Lyon et la Médiathèque de l’agglomération troyenne. Il est géré par l’équipe deCodicologie, histoire des bibliothèques et héraldique de l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes.
L’objectif de Libraria est de donner accès à la documentation sur les bibliothèques anciennes d’Europe par des publications scientifiques (éditions d'inventaires anciens, catalogues de manuscrits...), en particulier par la publication en ligne d'un nouveau répertoire d'inventaires des bibliothèques médiévales de France (BMF), par des informations bibliographiques sur les collections anciennes de manuscrits (Biblioblog), et par des annonces de formations. Le site propose un accès rapide à l’information par troix index : possesseurs anciens, manuscrits, appartenances religieuses.En revanche, Libraria ne permet pas d'interrogations fines sur le contenu des inventaires et des manuscrits : ce sera le rôle d'une base de données sur les collections de manuscrits et d’imprimés de l’Europe médiévale et moderne, Bibale. Cette base est en cours de réalisation, et sera accessible en ligne dès que son contenu sera significatif.
Toutes les contributions sont les bienvenues sur Libraria (en allemand, anglais, espagnol, français, italien, néerlandais) : n’hésitez pas à poster vos informations ou vos articles dans chacune des rubriques du site.
jeudi 6 mai 2010
Histoire des bibliothèques anciennes.
Site sur l'histoire des bibliothèques anciennes :
mercredi 31 mars 2010
Familistère de Guise.
du mardi au dimanche de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h.
Fax : 03 23 05 85 95 (00 33 3 23 05 85 95)
E-mail : accueil@familistere.com
Courrier :
Familistère de Guise
Service réservations des visites
262 - 263, Familistère Aile Droite
02 120 Guise
Site Internet : http://www.familistere.com
Le Familistère de Guise ou Palais social se situe au centre de la ville de Guise pour montrer que c’est un modèle applicable dans une ville, dans la presqu’île formée par l’Oise. Il reprend les particularités du Phalanstère de Fourier. Jean-Baptiste Godin commence la construction du Familistère en 1858. La place du Palais social est marquée par une statue de Jean-Baptiste André Godin, inaugurée en 1889. Par un geste du bras gauche, Godin apparaît comme un bienfaiteur et désigne le Palais et son usine.
Les premiers logements d’habitations sont construits dans l’aile gauche du Palais social. Elle est toutefois différente aujourd’hui (balcons, toiture à la flamande) car elle a été démolie en 1918 et reconstruite en 1924. Suivront aussi les constructions du Pavillon central (1865) et de l’aile droite (1877) où habitera J.B. Godin. Ils forment trois parallélogrammes comprenant au total 494 logements. Les appartements sont disposés autour d’une vaste cour intérieure, dallées d’une mosaïque et couverte d’une verrière, sur trois étages. Quatre escaliers sont installés à chaque angle de la cour, permettant d’accéder aux appartements. Des coursives (couloirs étroits) ressemblent à de petites rues et relient les différents appartements qui sont standardisés pour éviter les hiérarchies prônées dans les cités ouvrières, composés de deux grandes pièces avec deux lits, un berceau de son, deux tables, quelques chaises, un placard et une cuisinière Godin en fonte. Les chambres mesurent jusqu’à 20 m². La lumière pénètre grâce aux fenêtres qui donnent sur l’extérieur et la cour intérieure. A chaque étage, des points d’eau courante, des toilettes et des vide-ordures rendent aux Familistériens un confort supplémentaire.
En 1858, sont aussi construits les économats, dirigés par l’économe. Ces petits magasins (boulangerie, boucherie, épicerie…) permettaient aux habitants de s’alimenter sans sortir du Familistère, avec des produits à prix réduits (les aliments sont revendus au prix d’achats). Dans les premiers plans, il y avait aussi un restaurant transformé en buvette. Abandonnés en 1969, les économats ont aujourd’hui été transformés en musée. Sont aussi construit le pavillon Cambrai, le dernier immeuble d’habitation le plus vaste comportant 150 appartements, et le pavillon Landrecies qui s’élève sur la rive droite de l’Oise, un nouveau bâtiment d’habitation construit en 1882.
Pour Godin, l’éducation des plus jeunes enfants était essentielle. Il a donc fait construire la nourricerie et le pouponnat derrière le Pavillon Central qui accueillent les enfants de 15 jours à 4 ans : les femmes pouvaient ainsi continuer leur travail mais étaient autorisées à les garder quelques mois. Détruite en 1918, la nourricerie-pouponnat ne sera pas reconstruite. L’école était mixte et obligatoire pour les enfants du Familistère jusqu’à 14 ans au moins. La Fête de l’Enfance était organisée chaque année. Un théâtre à l’italienne, surnommé « temple de la connaissance », a aussi été construit pour « éduquer le peuple du Familistère » qui servait principalement aux représentations des élèves, aux leçons générales ou encore pour des divertissements et des spectacles… Les matériaux pour la construction utilisés étaient la fonte, le bois et le métal. A l’origine, les sièges étaient de simples bancs et la salle pouvaient ainsi contenir mille personnes. Un kiosque à musique a aussi été construit en 1860 au milieu du parc.
Le lavoir-piscine ou buanderie-piscine est situé sur la rive droite de l’Oise. Le lavage du linge étant interdit dans les appartements, Godin construisit en 1870 une buanderie où des machines perfectionnées étaient installées. Un système d’eau chaude produite par les machines à vapeur de la fonderie permettait le lavage du linge qui séchait ensuite. Des bains et des douches ont aussi été installés. L’apprentissage de la nage était pour Godin une contribution à l’hygiène et à la santé des Familistériens. Une piscine de 50 m² et profonde de 2,50 m permettaient aux enfants de se baigner sans danger grâce à un système qui permettait d’abaisser et de soulever le plancher de la piscine. Abandonné en 1968, la buanderie-piscine va connaître une importante restauration en 2004.
Godin avait aussi prévu un jardin d’agrément, de 1,2 hectare, situé sur la rive droite de l’Oise entre l’usine et le Palais social. Il permettait aux travailleurs de l’usine de se reposer durant la pause et constituait aussi un petit potager qui devient un atelier pédagogique et l’approvisionnement du Familistère en légumes. Des statues, des bassins et des bancs sont disposés dans le parc. Une serre est construite dans les années 1900. En 1889, à l’extrémité nord du jardin, un mausolée est érigé sur la tombe de Jean-Baptiste Godin et de Marie Moret. Il est composé d’un obélisque en pierre bleue où figure l’effigie de Godin, symbolisant le progrès, entourée par deux allégories, le Travail et la Famille, représentées l’un par un mouleur de l’usine Godin et ses attributs (louche de fonderie) et l’autre par une mère tenant un bébé dans ses bras.
La manufacture Godin fabrique toujours des poêles en fonte et depuis quelques années des ustensiles de cuisine en fonte. Ces produits en fonte étaient aussi utilisés dans les appartements du Familistère (dans les appartements, on trouvait des cuisinières Godin…). À l’apogée du Familistère de Guise, l’usine comptait 1500 ouvriers.
Sources :
http://www.larousse.fr
http://www.familistere.com
lundi 15 février 2010
300 ans de Louis XV !
Aujourd'hui Louis XV aurai 300 ans !
Roi à 5 ans du pays le plus puissant d'Europe, "Le Bien Aimé" est né le 15 février 1710.
Né à Versailles en 1710, mort en 1774, Louis XV est le fils du Duc de Bourgogne (petit-fils de Louis XIV) et de Marie Adélaïde de Savoie. C’est donc l’arrière-petit-fils de Louis XIV.
En effet, le fils de Louis XIV meurt en 1711 de la petite vérole et en 1712, la rougeole emporte le père, la mère et le frère du futur Louis XV . Lui-même touché par la maladie, il est sauvé de justesse grâce aux soins de sa gouvernante Madame de Ventadour qui le soustrait aux médecins de la cour. Elle entretient régulièrement Madame de Maintenon de l’évolution du jeune Louis. Il adore son arrière-grand-père Louis XIV, il l’appelle « son cher papa roi ».
Peu de temps avant sa mort, le Roi Soleil le convoque et lui délivre ses derniers conseils : il lui recommande de moins faire la guerre et d’être un Prince pacifique soucieux du bonheur de son peuple. Les chroniques racontent que Louis est sorti en larmes de cette entrevue.
Héritier du trône à cinq ans, placé sous la régence de Philippe, duc d’Orléans, qu’on appelle « le Régent », il participe aux activités rituelles de la fonction royale, mais le jeune Louis émotif, mélancolique et secret accepte mal les contraintes de l’étiquette imposées par son aïeul. A sept ans il est séparé de sa gouvernante.
En effet, le fils de Louis XIV meurt en 1711 de la petite vérole et en 1712, la rougeole emporte le père, la mère et le frère du futur Louis XV . Lui-même touché par la maladie, il est sauvé de justesse grâce aux soins de sa gouvernante Madame de Ventadour qui le soustrait aux médecins de la cour. Elle entretient régulièrement Madame de Maintenon de l’évolution du jeune Louis. Il adore son arrière-grand-père Louis XIV, il l’appelle « son cher papa roi ».
Peu de temps avant sa mort, le Roi Soleil le convoque et lui délivre ses derniers conseils : il lui recommande de moins faire la guerre et d’être un Prince pacifique soucieux du bonheur de son peuple. Les chroniques racontent que Louis est sorti en larmes de cette entrevue.
Héritier du trône à cinq ans, placé sous la régence de Philippe, duc d’Orléans, qu’on appelle « le Régent », il participe aux activités rituelles de la fonction royale, mais le jeune Louis émotif, mélancolique et secret accepte mal les contraintes de l’étiquette imposées par son aïeul. A sept ans il est séparé de sa gouvernante.
Il sera instruit par le Maréchal de Villeroi et le futur Cardinal de Fleury, ancien évêque de Fréjus, son précepteur, auquel il portera toujours affection et confiance. Son éducation est sérieuse et complète, Il est sacré à Reims en 1722, puis déclaré majeur en 1723 ( à la mort du Régent ).
Le 5 septembre 1725, on lui fait épouser Marie Leszcynska, fille du roi de Pologne, pauvre et vertueuse, âgée de vingt et un an, donc en âge de donner un héritier au trône. Elle lui donnera dix enfants.
En 1726, il appelle au gouvernement le Cardinal de Fleury qui gardera cette charge jusqu’à sa mort en 1743. Cette période fut la plus calme et la plus prospère de son règne.
Dès 1734, Louis prit ses premières maîtresse, Mme de Mailly, puis sa soeur Mme de Chateauroux, prélude à une succession de liaisons nées dans l’atmosphère frivole de Versailles.
La mort du Cardinal de Fleury marqua un tournant dans la vie de Louis XV, Il avait pris l’habitude de se reposer sur son vieux précepteur qui a occupé le poste de premier ministre durant dix sept ans !
Il se retrouve seul à régner, et sa volonté n’est pas assez affirmée. Le drame de Metz en 1744, va faire basculer le règne de Louis XV, et « le Bien Aimé » va perdre sa popularité. Se croyant être à l’article de la mort lors du siège de Metz, et pour obtenir l’absolution, il doit rédiger une confession publique de ses fautes, qui le fait apparaître comme un être immoral, indigne du nom de « Roi très Chrétien ». Cette confession diffusée dans tout le royaume par le clergé, stupéfia le peuple et commença à discréditer le roi, qui sur ses entrefaites avait recouvré la santé !
Un peu plus tard, en 1746, il rencontre Mme de Pompadour, belle, cultivée, intelligente mais qui se mêle activement aux affaires d’Etat. Haïe pour son rôle dans la politique et ses dépenses somptuaires, sa présence auprès du roi ne fait qu’accentuer l’impopularité naissante. Des pamphlets courent à Paris et ternissent de manière définitive l’image du roi .
Louis XV manque de confiance en lui, et il renvoie tour à tour ses ministres, comme Maurepas, d’Argenson, Choiseul ( renvoyé surtout parce qu’il déplaisait à sa nouvelle maîtresse : Mme du Barry ! ) Machault d’Arnouville, ce qui provoque de graves crises politiques successives. De ce fait, les réformes indispensables ne peuvent se faire à temps, malgré les dernières années du règne où enfin, Louis XV s’efforce de mettre en chantier des réformes fiscales, gérées par Maupeou (qui aura le soutien de Voltaire) comme par exemple taxer les revenus de la noblesse et du clergé, instaurer la gratuité de la justice. C’est la « révolution royale » ! Il est à noter que Louis XVI annulera immédiatement ces réformes dès son arrivée au pouvoir !
Atteint par la petite vérole, détesté de tous, Louis XV meurt à Versailles dans l’indifférence générale, en 1774. Il est enterré clandestinement à Saint-Denis.
Louis XV reste une des figures les plus attachantes de sa lignée : fin, sensible et généreux, mais velléitaire, faible de caractère, il n’a pas su moderniser le pays, prendre en compte les nouvelles attentes des Français.
Biographie tirée de : http://www.histoire-en-ligne.com/
mercredi 27 janvier 2010
Forum : histoire, art, archéologie, architecture.
Forum : histoire, art, archéologie, architecture.
COURREZ-Y !
mardi 12 janvier 2010
Offre d'emploi : Responsable du Centre de Documentation de l’ICOMOS.
Offre d'emploi :
Responsable du Centre de Documentation de l’ICOMOS
(Conseil international des monuments et des sites).
Offre valable jusqu'au 20/01/10.
CDD d’un an renouvelable, avec date de démarrage au 1er Mars 2010.
VOIR L'OFFRE :
dimanche 3 janvier 2010
Philippe CHARLIER, Male mort.
CHARLIER (Philippe), Male mort, Editions Fayard, 2009.

Article tiré de : http://pathographie.blogspot.com/
Résumé :
Il y a ceux qui meurent lentement d’une mort douce, ou attendue. Et il y a ceux qui partent de façon brutale : guerre, crime, catastrophe naturelle, suicide, épidémie, accident, exécution, etc. Grâce à l’examen de squelettes provenant de fouilles archéologiques du pourtour méditerranéen, il est désormais possible de reconstituer, cas après cas, un tableau des morts violentes dans l’Antiquité gréco-romaine. Des récits, des anecdotes, des commentaires historiques permettent de préciser ce descriptif complet.
L’auteur s’attachera également à étudier le devenir du cadavre de ces individus partis avant l’heure ou soudainement, centré sur la peur du retour des morts (nécrophobie) : mise à l’écart, démembrement, magie noire, mutilation, etc.
À travers ce voyage dans les morts violentes, c’est à une déambulation dans les bas-fonds de la société antique qu’est convié le lecteur, à la recherche d’un étonnant et méconnu côté obscur.
L’auteur s’attachera également à étudier le devenir du cadavre de ces individus partis avant l’heure ou soudainement, centré sur la peur du retour des morts (nécrophobie) : mise à l’écart, démembrement, magie noire, mutilation, etc.
À travers ce voyage dans les morts violentes, c’est à une déambulation dans les bas-fonds de la société antique qu’est convié le lecteur, à la recherche d’un étonnant et méconnu côté obscur.
L'auteur :
Philippe Charlier est médecin, paléopathologiste et docteur ès lettres (École pratique des hautes études). Spécialisé en anatomopathologie et en médecine légale, Philippe Charlier a publié "Médecin des morts, récits de paléopathologie" (Fayard, 2006) et "Les Monstres humains dans l’Antiquité" (Fayard, 2008 ; prix Louis Castex de l’Académie française 2009 et prix Jean-Charles Sournia de l’Académie nationale de médecine 2009). Assistant hospitalo-universitaire à Garches (AP-HP, UVSQ) et chercheur associé au CNRS (HALMA-IPEL, Lille-III), il enseigne notamment à la faculté de médecine de Paris- Ouest.
Fayard (Paris)
Date de Parution : 04/11/2009
Collection : Nouvelles Etudes Historiques
Prix public TTC : 23,00 €
Code ISBN / EAN : 9782213635644 / hachette : 3538097
Format (153 x 235)
Nombre de pages : 432
Près d'une centaine d'illustrations dans le texte.
Acheter sur Amazon:
http://www.amazon.fr/Male-mort-Morts-violentes-lAntiquité/dp/2213635641/ref=sr_1_2?ie=UTF8&s=books&qid=1257690776&sr=8-2
Ecouter l'interview sur Europe 1:
http://www.europe1.fr/Radio/ecoute-podcasts/Emissions/Cafe-crimes/Cafe-Crimes-les-morts-violentes-dans-l-Antiquite
Article tiré de : http://pathographie.blogspot.com/
Jean-François SOLNON, Histoire de Versailles.
SOLNON (Jean-François), Histoire de Versailles, Editions Perrin, 2003.

(Source de la photo : http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782262020774.jpg)
Jean-François Solnon nous dépeint la vie e Versailles, de sa construction débutée sous Louis XIII, aux agrandissements de Louis XIV, embellissements de Louis XV, mais aussi son sauvetage à la Révolution jusqu'à aujourd'hui où il accueille encore le Parlement.
Sommaire :
-
Une "piccola casa". -
Le choix du Roi. -
La résidense privilégiée de Sa Majesté. -
"Le plaisir superbe de forcer la nature". -
La cité royale. -
Le Roi en son château. -
Les hôtes de Versailles. -
Les derniers aménagements des jardins. -
Les derniers travaux de Louis XIV. -
Versailles respecté par Louis XV. -
La recherche de l'intimité. -
Grandeurs et servitudes du château. -
Versalles de Louis XVI et de Marie-Antoinette. -
"A toutes les gloires de la France". -
Annexes. -
Références et notes.
lundi 7 décembre 2009
Dossier historique : Les fantômes de Trianon.
Les fantômes de Trianon.
Annie Moberly et Eleanor Jourdain.
Les fantômes de Trianon ou fantômes de Versailles désigne une expérience vécue en 1901 dans les jardins du Petit Trianon par deux Anglaises qui la considérèrent comme paranormale.
Nous sommes le 10 août 1901 dans l’après-midi. Annie Moberly principale du collège de St. Hugh’s Hall, troisième collège féminin de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) et Eleanor Jourdain vice-principale du même collège visitent le château de Versailles puis le parc.
Alors qu’elles dépassent le Grand Trianon et cherchent à gagner le Petit Trianon, elles aperçoivent sur le seuil d’une porte une femme qui secoue une nappe blanche. A côté une charrue et d’autres outils semblent abandonnés1. Plus loin, deux hommes coiffés de tricornes et vêtus de longs manteaux vert-de-gris, bêches à la main, se tiennent près d’une brouette2 : des jardiniers pensent-elles. Les deux misses leur demandent leur chemin : ils leur répondent de continuer tout droit.Le temps est couvert et orageux. L’atmosphère se fait pesante. Les deux visiteuses ressentent une impression grandissante d’inquiétude mais aucune ne fait part de son sentiment à l’autre. Le paysage devient irréel semblable à une tapisserie.Un homme assis sur les marches d’un petit kiosque tourne la tête à l’approche des deux dames : son visage est vérolé, sinistre et repoussant3. C’est alors qu’un autre homme, cheveux bouclés sous un chapeau à larges bords et enveloppé dans une cape noire arrive en courant et leur dit : 'Mesdames, il ne faut pas passer par ici mais par là, il faut tourner à droite. Cherchez la maison'4. Les visiteuses arrivent près d’une petite maison aux volets clos : sur la pelouse une dame semble lire ou dessiner. Ses cheveux sont blonds et elle est coiffée d’un chapeau de paille blanc. Elle est vêtue d’une robe drapée et un fichu vert tombe sur ses épaules5. Les deux femmes poursuivent leur chemin et arrivent à la hauteur de la maison suivante. Une porte s'ouvre, en sort un jeune homme qui leur donne l’impression d’être un serviteur6. Elles veulent s’excuser, pensant être sur une propriété privée, mais l’homme les mène jusqu’au Trianon proche où elles sont brusquement environnées par une noce.Mais l’histoire ne s’arrête pas là : miss Jourdain retournera seule à deux reprises sur les lieux. Le 2 janvier 1902, elle voit deux hommes vêtus de tuniques qui remplissent une charrette de fagots. Elle entend aussi des voix de femmes alors que retentit une étrange musique7.
Quelques jours plus tard, Mlle Moberly, toujours en proie à l’impression d’angoisse et d’irréalité de Versailles, en fait part à Mlle Jourdain en lui demandant si elle n’a pas l’impression que les lieux sont, en quelque sorte, « hantés ». Eleanor confirme son impression de malaise lors de la visite. Elles s’interrogent alors sur la cape portée bizarrement par l’homme aux cheveux bouclés en ce jour de grande chaleur ; son attitude, son air amusé leur semblent maintenant étranges et non-naturels. Mais c’est seulement en novembre, lorsque Eleanor Jourdain se rend à Oxford où Annie a depuis trois mois repris ses fonctions de directrice, qu’elles discutent plus longuement de leur expérience. Le fait que seule Eleanor ait vu la femme et la petite fille et que seule Annie ait vu la dessinatrice les trouble. Mlle Moberly, justement, a vu un portrait de Marie Antoinette par Wertmüller ; la reine lui a paru étrangement ressemblante, pour le visage et les vêtements, à la femme de la pelouse. Elle se renseigne auprès d’une Française qui confirme que des rumeurs courent depuis longtemps sur la présence du fantôme de Marie-Antoinette à Versailles.
Elles retournent à Versailles en 1902. Les lieux leur semblent différents ; elles apprennent que Marie-Antoinette se trouvait au Petit Trianon le 5 octobre 1789 lorsqu’on lui annonça la marche du peuple vers Versailles. Le 2 janvier, elles ont encore des perceptions étranges, dont celle d’une musique qu’elles essaient de se remémorer pour la faire identifier. On leur assure qu’il s’agit d’un style des années 1780. Elles visitent encore une fois la zone du Petit Trianon en 1904. Au cours de leurs recherches, elles pensent se rappeler la présence d’une charrue qui n’existait pas en 1901, de même qu’un pont qu’elles avaient franchi et qui a disparu ; elles découvrent que les « jardiniers » portaient un costume similaire à celui des gardes suisses de la reine et que la porte d’où est sorti le serviteur est condamnée depuis longtemps ; elles identifient l’homme au visage vérolé comme étant le comte de Vaudreuil.
Elles retournent à Versailles en 1902. Les lieux leur semblent différents ; elles apprennent que Marie-Antoinette se trouvait au Petit Trianon le 5 octobre 1789 lorsqu’on lui annonça la marche du peuple vers Versailles. Le 2 janvier, elles ont encore des perceptions étranges, dont celle d’une musique qu’elles essaient de se remémorer pour la faire identifier. On leur assure qu’il s’agit d’un style des années 1780. Elles visitent encore une fois la zone du Petit Trianon en 1904. Au cours de leurs recherches, elles pensent se rappeler la présence d’une charrue qui n’existait pas en 1901, de même qu’un pont qu’elles avaient franchi et qui a disparu ; elles découvrent que les « jardiniers » portaient un costume similaire à celui des gardes suisses de la reine et que la porte d’où est sorti le serviteur est condamnée depuis longtemps ; elles identifient l’homme au visage vérolé comme étant le comte de Vaudreuil.
Petit complément : Des analogies troublantes. Des recherches menées sur l’aventure des deux anglaises montrent les points suivants :
- 1Il n’y avait pas de charrue à Trianon en 1901
- 2Les gardes du XIIIe siècle portaient bien des tenues vertes, ce n’étaient donc pas des jardiniers !
- 3L’homme au visage vérolé serait le comte de Vaudreuil.
- 4L’homme qui courait et parlait de la 'maison' : or la reine Marie-Antoinette (1755-1793) appelait le Petit Trianon sa 'maison de Trianon'.
- 5La dame assise sur la pelouse évoque le portrait de Marie-Antoinette peinte en 1788 par Aldolf Ulrik Wertmüller.
- 6La porte de la chapelle par laquelle sortit le jeune homme n’avait pas été ouverte depuis 1892.
- 7La musique entendue par Eleanor Jourdain en 1902 serait caractéristique des partitions composées en 1780.
SOURCE : http://www.histoiresinsolites.com/
dimanche 6 décembre 2009
Charte d'Athènes.
La Charte d'Athènes pour la Restauration des Monuments Historiques.
Adoptée lors du premier congrès internationaldes architectes et techniciens des monuments historiques, Athènes 1931.
Sept résolutions importantes furent présentées au congrès d'Athènes et appelées "Carta del Restauro":
-
Des organisations internationales prodiguant des conseils et agissant à un niveau opérationnel dans le domaine de la restauration des monuments historiques doivent être créées.
-
Les projets de restauration doivent être soumis à une critique éclairée pour éviter les erreurs entrainant la perte du caractère et des valeurs historiques des monuments.
-
Dans chaque État, les problèmes relatifs à la conservation des sites historiques doivent être résolus par une législation nationale.
-
Les sites archéologiques excavés ne faisant pas l'objet d'une restauration immédiate devraient être enfouis de nouveau pour assurer leur protection.
-
Les techniques et matériaux modernes peuvent être utilisés pour les travaux de restauration.
-
Les sites historiques doivent être protégés par un système de gardiennage strict.
-
La protection du voisinage des sites historiques devrait faire l'objet d'une attention particulière.
Conclusions de la Conférence d'Athènes, 21-30 Octobre 1931.
Conclusions générales.
I. - Doctrines. Principes généraux.
La Conférence a entendu l'exposé des principes généraux et des doctrines concernant la protection des Monuments.
Quelle que soit la diversité des cas d'espèces dont chacun peut comporter une solution, elle a constaté que dans les divers États représentés prédomine une tendance générale à abandonner les restitutions intégrales et à en éviter les risques par l'institution d'un entretien régulier et permanent propre à assurer la conservation des édifices.
Au cas où une restauration apparaît indispensable par suite de dégradations ou de destruction, elle recommande de respecter l'oeuvre historique et artistique du passé, sans proscrire le style d'aucune époque.
La Conférence recommande de maintenir l'occupation des monuments qui assure la continuité de leur vie en les consacrant toutefois à des affectations qui respectent leur caractère historique ou artistique.
II. - Administration et législation des monuments historiques.
La Conférence a entendu l'exposé des législations dont le but est de protéger les monuments d'intérêt historique, artistique ou scientifique appartenant aux différentes nations.
Elle en a unanimement approuvé la tendance générale qui consacre en cette matière un certain droit de la collectivité vis-à-vis de la propriété privée.
Elle a constaté que les différences entre ces législations provenaient des difficultés de concilier le droit public et les droits des particuliers.
En conséquence, tout en approuvant la tendance générale de ces législations, elle estime qu'elles doivent être appropriées aux circonstances locales et à l'état de l'opinion publique, de façon à rencontrer le moins d'opposition possible, en tenant compte aux propriétaires des sacrifices qu'ils sont appelés à subir dans l'intérêt général.
Elle émet le voeu que dans chaque État l'autorité publique soit investie du pouvoir de prendre, en cas d'urgence, des mesures conservatoires.
Elle souhaite vivement que l'Office international des Musées publie un recueil et un tableau comparé des législations en vigueur dans les différents États et les tienne à jour.
III. - La mise en valeur des monuments.
La Conférence recommande de respecter, dans la construction des édifices le caractère et la physionomie des villes, surtout dans le voisinage des monuments anciens dont l'entourage doit être l'objet de soins particuliers. Même certains ensembles, certaines perspectives particulièrement pittoresques, doivent être préservés. Il y a lieu aussi d'étudier les plantations et ornementations végétales convenant à certains monuments ou ensembles de monuments pour leur conserver leur caractère ancien.
Elle recommande surtout la suppression de toute publicité, de toute présence abusive de poteaux ou fils télégraphiques, de toute industrie bruyante, même des hautes cheminées, dans le voisinage des monuments d'art ou d'histoire.
IV. - Les matériaux de restauration.
Les experts ont entendu diverses communications relatives à l'emploi des matériaux modernes pour la consolidation des édifices anciens.
Ils approuvent l'emploi judicieux de toutes les ressources de la technique moderne et plus spécialement du ciment armé.
Ils spécifient que ces moyens confortatifs doivent être dissimulés sauf impossibilité, afin de ne pas altérer l'aspect et le caractère de l'édifice à restaurer.
Ils les recommandent plus spécialement dans les cas où ils permettent d'éviter les risques de dépose et de repose des éléments à conserver.
V. - Les dégradations des monuments.
La Conférence constate que, dans les conditions de la vie moderne, les monuments du monde entier se trouvent de plus en plus menacés par les agents atmosphériques.
En dehors des précautions habituelles et des solutions heureuses obtenues dans la conservation de la statuaire monumentale par les méthodes courantes, on ne saurait, étant donné la complexité des cas, dans l'état actuel des connaissances, formuler des règles générales.
La Conférence recommande :
-
La collaboration dans chaque pays des conservateurs de monuments et des architectes avec les représentants des sciences physiques, chimiques et naturelles, pour parvenir à des méthodes applicables aux cas différents.
-
Elle recommande à l'Office international des Musées de se tenir au courant des travaux entrepris dans chaque pays sur ces matières et leur faire une place dans ses publications.
La Conférence, en ce qui concerne la conservation de la sculpture monumentale, considère que l'enlèvement des oeuvres du cadre pour lequel elles avaient été créées est "un principe" regrettable.
Elle recommande, à titre de précaution, la conservation, lorsqu'ils existent encore, des modèles originaux et à défaut, l'exécution de moulages.
VI. - La technique de la conservation.
La Conférence constate avec satisfaction que les principes et les techniques exposés dans les diverses communications de détail s'inspirent d'une commune tendance, à savoir:
Lorsqu'il s'agit de ruines, une conservation scrupuleuse s'impose, avec remise en place des éléments originaux retrouvés (anastylose) chaque fois que le cas le permet; les matériaux nouveaux nécessaires à cet effet devraient être toujours reconnaissables. Quand la conservation des ruines mises au jour au cours d'une fouille sera reconnue impossible, il est conseillé de les ensevelir à nouveau, après bien entendu avoir pris des relevés précis.
Il va sans dire que la technique et la conservation d'une fouille imposent la collaboration étroite de l'archéologue et de l'architecte.
Quant aux autres monuments, les experts ont été unanimement d'accord pour conseiller, avant toute consolidation ou restauration partielle, l'analyse scrupuleuse des maladies de ces monuments. Ils ont reconnu en fait que chaque cas constiuait un cas d'espèce.
VII. La conservation des monuments et la collaboration internationale
a) Coopération technique et morale.
La Conférence convaincue que la conservation du patrimoine artistique et archéologique de l'humanité intéresse la communauté des États, gardien de la civilisation:
Souhaite que les États, agissant dans l'esprit du Pacte de la Société des Nations, se prêtent une collaboration toujours plus étendue et plus concrète en vue de favoriser la conservation des monuments d'art et d'histoire;
Estime hautement désirable que les institutions et groupements qualifiés puissent, sans porter aucunement atteinte au droit public international, manifester leur intérêt pour la sauvegarde de chefs-d'oeuvre dans lesquels la civilisation s'est exprimée au plus haut degré et qui paraîtraient menacés;
Émet le voeu que les requêtes à cet effet, soumises à l'organisation de Coopération intellectuelle de la Société des Nations, puissent être recommandées à la bienveillante attention des États.
Il appartiendrait à la Commission internationale de Coopération intellectuelle, après enquête de l'Office international des Musées et après avoir recueilli toute information utile, notamment auprès de la Commission nationale de Coopération intellectuelle intéressée, de se prononcer sur l'opportunité des démarches à entreprendre et sur la procédure à suivre dans chaque cas particulier.
Les membres de la Conférence, après avoir visité, au cours de leurs travaux et de la croisière d'études qu'ils ont pu faire à cette occasion, plusieurs parmi les principaux champs de fouilles et les monuments antiques de la Grèce, ont été unanimes à rendre hommage au gouvernement Hellénique qui, depuis de longues années, en même temps qu'il assurait lui-même des travaux considérables, a accepté la collaboration des archéologues et des spécialistes de tous les pays.
Ils y ont vu un exemple qui ne peut que contribuer à la réalisation des buts de coopération intellectuelle dont la nécessité leur était apparue au cours de leurs travaux.
b) Le röle de l'éducation dans le respect des monuments.
La Conférence, profondément convaincue que la meilleure garantie de conservation des monuments et oeuvres d'art leur vient du respect et de l'attachement des peuples eux-mêmes.
Considérant que ces sentiments peuvent être grandement favorisés par une action appropriée des pouvoirs publics.
Émet le voeu que les éducateurs habituent l'enfance et la jeunesse à s'abstenir de dégrader les monuments quels qu'ils soient, et leur apprennent à se mieux intéresser, d'une manière générale, à la protection des témoignages de toute civilisation.
c) Utilité d'une documentation internationale.
La Conférence émet le voeu que:
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Chaque État, ou les institutions créées ou reconnues compétentes à cet effet, publient un inventaire des monuments historiques nationaux, accompagné de photographies et de notices;
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Chaque État constitue des archives où seront réunis tous les documents concernant ses monuments historiques;
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Chaque État dépose à l'Office international des Musées ses publications;
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L'Office consacre dans ses publications des articles relatifs aux procédés et aux méthodes générales de conservation des monuments historiques;
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L'Office étudie la meilleure utilisation des renseignements ainsi centralisés.
Document NARA sur l'authenticité.
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Nous, experts réunis à Nara (Japon), tenons à saluer la générosité et la vision intellectuelle des autorités japonaises qui nous ont ménagé l'opportunité d'une rencontre destinée à mettre en question des notions devenues traditionnelles en matière de conservation du patrimoine culturel et à instaurer un débat sur les voies et moyens d'élargir les horizons dans la perspective d'assurer un plus grand respect, de la diversité des cultures et des patrimoines dans la pratique de la conservation.
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Nous avons apprécié à sa juste valeur le cadre de discussion proposé par le Comité du Patrimoine mondial. Celui-ci s'est déclaré désireux de mettre en application, lors de l'examen des dossiers d'inscription qui lui sont soumis, un concept d'authenticité respectueux des valeurs culturelles et sociales de tous les pays. -
Le " Document de Nara sur l'authenticité " est conçu dans l'esprit de la " Charte de Venise, 1964 ". Fondé sur cette charte, il en constitue un prolongement conceptuel. Il prend acte de la place essentielle qu'occupe aujourd'hui, dans presque toutes les sociétés, le patrimoine culturel. -
Dans un monde en proie aux forces de globalisation et de banalisation et au sein duquel la revendication de l'identité culturelle s'exprime parfois au travers d'un nationalisme agressif et de l'élimination des cultures minoritaires, la contribution première de la prise en compte de l'authenticité consiste, aussi dans la conservation du patrimoine culturel, à respecter et mettre en lumière toutes les facettes de la mémoire collective de l'humanité.
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La diversité des cultures et du patrimoine culturel constitue une richesse intellectuelle et spirituelle irremplaçable pour toute l'humanité. Elle doit être reconnue comme un aspect essentiel de son développement. Non seulement sa protection, mais aussi sa promotion, demeurent des facteurs fondamentaux du développement de l'humanité.
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Cette diversité s'exprime aussi bien dans une dimension spatiale que temporelle tant pour les cultures que pour les modes de vie qui leur sont liés. Dans le cas où les différences entre cultures seraient à l'origine de situations conflictuelles, le respect de la diversité culturelle requiert la reconnaissance de la légitimité des valeurs spécifiques de toutes les parties en cause.
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Les cultures et les sociétés s'expriment dans des formes et des modalités d'expression, tant tangibles que non tangibles, qui constituent leur patrimoine. Ces formes et modalités doivent être respectées.
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Il importe de rappeler que l'UNESCO considère comme principe fondamental le fait que le patrimoine culturel de chacun est le patrimoine culturel de tous. De la sorte, les responsabilités sur le patrimoine, et sur la manière de le gérer appartiennent en à la charge. Toutefois, l'adhésion aux chartes et aux conventions relatives au patrimoine culturel implique l'acceptation des obligations et de l'éthique qui sont à la base de ces chartes et conventions. De ce fait, la pondération des propres exigences à l'égard d'un même patrimoine est hautement souhaitable, toutefois sans qu'elle ne contrevienne aux valeurs fondamentales des cultures de ces communautés.
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La conservation du patrimoine historique, sous toutes ses formes et de toutes les époques, trouve sa justification dans les valeurs qu'on attribue à ce patrimoine. La perception la plus exacte possible de ces valeurs dépend, entre autres, de la crédibilité des sources d'information à leur sujet. Leur connaissance, leur compréhension et leur interprétation par rapport aux caractéristiques originelles et subséquentes du patrimoine, à son devenir historique ainsi qu'à sa signification, fondent le jugement d'authenticité concernant l'œuvre en cause et concerne tout autant la forme que la matière des biens concernés.
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L'authenticité, telle qu'elle est ainsi considérée et affirmées dans la " Charte de Venise ", apparaît comme le facteur qualificatif essentiel quant à la crédibilité des sources d'informations disponibles. Son rôle est capital aussi bien dans toute étude scientifique, intervention de conservation ou de restauration que dans la procédure d'inscription sur la Liste du Patrimoine Mondial ou dans tout autre inventaire du patrimoine culturel.
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Tant les jugements sur les valeurs reconnues au patrimoine que sur les facteurs de crédibilité des sources d'information peuvent différer de culture à culture, et même au sein d'une même culture. Il est donc exclu que les jugements de valeur et d'authenticité qui se rapportent à celles-ci se basent sur des critères uniques. Au contraire, le respect dû à ces cultures exige que chaque oeuvre soit considérée et jugée par rapport aux critères qui caractérisent le contexte culturel auquel elle appartient.
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En conséquence, il est de la plus haute importance et urgence que soient reconnues, dans chaque culture, les caractères spécifiques se rapportant aux valeurs de son patrimoine, ainsi qu'à la crédibilité et la fiabilité des sources d'information qui le concernent.
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Dépendant de la nature du monument ou du site et de son contexte culturel, le jugement sur l'authenticité est lié à une variété de sources d'informations. Ces dernières comprennent conception et forme, matériaux et substance, usage et fonction, tradition et techniques, situation et emplacement, esprit et expression, état original et devenir historique. Ces sources sont internes à l'oeuvre ou elles lui sont externes. L'utilisation de ces sources offre la possibilité de décrire le patrimoine culturel dans ses dimensions spécifiques sur les plans artistique, technique, historique et social.
Suggestions pour les suites à donner au Document (proposées par H. Stovel)
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Le respect de la diversité des cultures et des patrimoines exige un effort soutenu pour éviter qu'on impose des formules mécaniques ou des procédures uniformisées lorsqu'on tente de définir et d'évaluer l'authenticité d'un monument ou d'un site.
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L'appréciation de l'authenticité en respectant les cultures et la diversité du patrimoine demande une approche qui encourage les cultures à se doter de méthodes d' "analyse et d'instruments qui reflètent leur nature et leurs besoins. De telles approches peuvent avoir plusieurs points communs dont les efforts nécessaires pour :
> S'assurer que l 'évaluation de l'authenticité engage une collaboration multidisciplinaires et la contribution adéquate de toutes les expertises et connaissances disponibles ;
> S'assurer que les valeurs reconnues soient vraiment représentatives d'une culture et de la diversité de ses préoccupations, notamment envers les monuments et les sites ;
> Documenter clairement la nature spécifique de l'authenticité des monuments et des sites pour constituer un guide qui serve à leur traitement et au suivi ;
> Actualiser les appréciations du degré d'authenticité à la lumière de l'évolution des valeurs et du contexte. -
Il est particulièrement important de faire l'effort pour s'assurer qu'on représente les valeurs reconnues et que le processus de leur identification comprenne des actions pour développer , dans la mesure du possible, un consensus multidisciplinaire et communautaire à leur endroit.
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Les démarches devraient reposer sur la coopération internationale parmi tous ceux et celles qui s'intéressent à la conservation du patrimoine culturel et contribuer à cette coopération afin d'accroître le respect universel et la compréhension de la diversité des valeurs et des expressions culturelles.
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La poursuite de ce dialogue et son extension dans les différentes régions et cultures du monde constitue un pré requis pour augmenter la valeur pratique de l'attention qu'on porte à l'authenticité dans la conservation du patrimoine commun de l'humanité.
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La sensibilisation accrue du public à cette dimension du patrimoine est absolument nécessaire pour arriver à des mesures concrètes qui permettent de sauvegarder les témoignages du passé. Cela signifie que l'on développe une plus grande compréhension de valeurs que représentent, en soi, les biens culturels autant que de respecter le rôle que jouent des monuments et sites dans la société contemporaine.
Annexe II
Définitions :
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Conservation : comprend toutes les opérations qui visent à comprendre une oeuvre, à connaître son histoire et sa signification, à assurer sa sauvegarde matérielle et, éventuellement sa restauration et sa mise en valeur. (Le patrimoine culturel comprend les monuments, les ensembles bâtis et les sites tels que les définit l'article 1 de la Convention du patrimoine mondial).
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Sources d'information : ensemble des sources monumentales, écrites, orales, figurées permettant de connaître la nature, les spécificités, la signification et l'histoire d'une œuvre.
Le Document de Nara sur l'Authenticité a été rédigé par 45 participants à la Conférence de Nara sur l'Authenticité dans le cadre de la Convention du Patrimoine Mondial, tenue à Nara, Japon,1-6 novembre 1994, sur l'invitation de la Direction des Affaires Culturelles du Gouvernement Japonais et la Préfecture de Nara. La Direction organisa la Conférence de Nara en coopération avec l'UNESCo, l'ICCROM et l'ICOMOS.
Cette version finale du Document de Nara a été rédigée par les deux rapporteurs généraux de la Conférence, M. Raymond Lemaire et M. Herb Stovel.
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